La pêche professionnelle

Les ressources marines constituent un des services vitaux rendus par les océans à l’homme. L'Office français de la biodiversité finance et coordonne des études pour mieux comprendre les interactions entre pêche et milieux marins, et aide les professionnels à mettre en œuvre des solutions plus durables et moins impactant sur la biodiversité marine.

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Selon la FAO, les poissons sont la source principale de protéines au quotidien pour près d’1,5 milliard d’êtres humains.
La pérennité des ressources marines et l’activité économique qu’elle génère est stratégique pour l’humanité.

Cependant, l’activité de pêche (professionnelle comme de loisir) constitue l’une des pressions qui pèsent sur la biodiversité marine recensée par l’IPBES :

  • pression directe sur les espèces commerciales exploitées,
  • pression indirecte en raison des prises accessoires d’espèces non commerciales (espèces protégées comme les mammifères marins, les tortues, les oiseaux) et effets abrasifs sur les habitats benthiques, coralliens…

 

La surpêche et la pêche illégale contribuent au déclin de certaines ressources vivantes, en particulier migratrices (esturgeons, anguilles, saumons, lamproies…) et menacent aussi des espèces très recherchées comme les requins, les raies, les céphalopodes.

D’autres facteurs expliquent également la perte de biodiversité : les effets du changement climatique, les pollutions, la disparition de certaines zones fonctionnelles (frayères, nurseries) et la dégradation des habitats.

Des mesures sont prises à l’échelle européenne et nationale pour :

  • Réguler et contrôler cette activité importante pour les territoires littoraux,
  • Assurer un développement durable de la filière (politique commune des pêches),
  • Conserver les espèces menacées et les habitats sensibles (directive habitat faune flore, oiseaux – créant le réseau Natura 2000),

Plusieurs actions sont menées par les pouvoirs publics :

  • Adaptation de l’effort de pêche aux ressources disponibles,
  • Adaptation de la flotte de pêche et encadrement des pratiques de pêche (interdiction du chalutage profond ou de la pêche électrique),
  • Création d’un réseau d’aires marines permettant d’analyser le « risque » que fait porter la pêche au bon état des habitat et des espèces, et de prendre des mesures de régulation si nécessaire (interdiction de la drague sur les herbiers de posidonies, les bans de maërl, obligation d’équiper les chaluts de dispositifs d’effarouchement).

Par ces analyses, études et avis, l'OFB contribue à minimiser l'impact potentiel des pêcheries sur les milieux et espèces sensibles. L’objectif est de maintenir en bon état les écosystèmes pour maintenir leur productivité, tout en accompagnant le maintien et la durabilité des activités de pêche structurantes pour les littoraux.

L’effort de pêche en France se réduit depuis plusieurs années. Pour autant, les constatations scientifiques montrent que les pressions de la pêche sur la biodiversité restent encore trop fortes et nécessitent encore des efforts notamment de la part des pêcheurs.

Les professionnels doivent être accompagnés pour réduire encore leurs impacts environnementaux et assurer les changements nécessaires (de zones, de niveaux d'efforts de pêche, d’engins ou de navires) et assurer ainsi la durabilité de leur activité.

En parallèle, les autres pressions sur la biodiversité marine (pollutions, artificialisations) doivent être aussi sévèrement réduites.

Les chiffres clé de la flotte de pêche nationale

La France est un pays majeur pour la pêche en Europe (2ème en valeur derrière l’Espagne) et contribue à plus de 16 % des débarquements totaux en valeur et 11 % en volume (données 2015). La production française est dominée par la pêche fraîche et le poisson frais.

La flotte de pêche est répartie sur tout le littoral métropolitain. En 2017, elle regroupe près de 4 500 navires et embarque près de 9 700 marins en équivalents temps plein (ETP). L’activité de cette flotte génère un chiffre d’affaires proche de 1 milliard d’euros et une valeur ajoutée brute d’environ 500 millions d’euros. Ces valeurs sont proches de celles estimées en 2009 alors que dans le même temps, la flotte de pêche a perdu 4 % de ses navires et près de 10 % de ses marins.

En savoir plus

En 2019, près de la moitié des volumes de poissons pêchés en France métropolitaine provient de populations exploitées durablement contre 22 % en 2010 et 15 % seulement il y a vingt ans (Source : IFREMER). Ce progrès reflète la politique européenne de quotas, l’adaptation et l’évolution filière et la mise en place d’un réseau d’aires marines protégées. Cependant, à l’échelle européenne, la surpêche touche encore 26 % des populations.

L’OFB et la pêche maritime professionnelle

L’OFB est sollicité par l'État (ministère chargé des pêches, hier le ministère de l’agriculture, aujourd’hui de la mer, ministère de la Transition écologique) pour mieux comprendre les interactions entre pêche et milieux marins.

Il finance et coordonne les dispositifs de suivis scientifiques (rôle partagé avec l’Ifremer) et aide les professionnels à mettre en œuvre des solutions plus durables et moins impactant sur la biodiversité marine. En ce sens, l’OFB et le Comité national des pêches et des élevages marins ont signé un partenariat.

En tant que gestionnaire d’aires marines protégées, l’OFB mène des analyses « risque pêche » qui permettent d’apprécier les effets de différentes activités sur l’environnement marin en sites Natura 2000.

Aussi, l'établissement propose et teste, en collaboration avec les professionnels et les services de l’État, des mesures conciliant l’activité de pêche et la préservation de la biodiversité, notamment dans les sites Natura 2000.

Les parcs naturels marins sont aussi des espaces d’accompagnement et de mobilisation des pêcheurs (charte pêcheurs Partenaires, études et adaptation des engins de pêche, soutien à la pêche "petits métiers", appui à la gestion de cantonnement de pêche...).

Enfin, l'OFB agit également à réduire les pressions telluriques sur la mer, notamment en rendant des avis sur des projets qui impactent la mer (avis conforme des parcs naturels marins).