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L'Office français de la biodiversité à Wallis-et-Futuna
Présentation
L’Office français de la biodiversité en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna regroupe 5 agents basés à Nouméa, chef-lieu de Nouvelle-Calédonie.
La Délégation territoriale de Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna bénéficie d’un fonctionnement particulier, qui s’explique par les différents statuts des deux territoires qui leur confèrent la totalité des compétences en matière d’environnement.
Ainsi, la Délégation n’y agit pas en tant que gestionnaire de la biodiversité, mais elle appuie les différentes collectivités pour la définition, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs politiques environnementales. Cet appui de la Délégation aux différentes collectivités se manifeste à la fois sur un plan technique et financier en soutenant la mise en œuvre de projets et le développement de partenariats.
Son périmètre d’action couvre à la fois les milieux marins, aquatiques et terrestres.
Quelques chiffres clés
142
Km², c'est la superficie totale des trois îles principales, Wallis, Futuna et Alofi.
262500
Km², c'est la Zone Économique Exclusive (ZEE) de Wallis-et-Futuna
La protection de l’environnement et l’alimentation en eau potable relèvent du Territoire. L’État intervient en appui, notamment sur les volets sanitaires, maritimes et climatiques. Les chefferies coutumières, détentrices du foncier, ont un rôle central dans la gestion des terres et la médiation sociale. La coordination est cruciale pour répondre aux enjeux environnementaux et d’alimentation en eau potable.
L’OFB travaille en appuis technique et financier à la collectivité territoriale par voie de convention. Une convention cadre entre l’OFB et l’administrateur supérieur du territoire, représentant de l’État, est déclinée par la suite en une convention de coopération public-public qui permet de travailler ensemble pour à mobiliser les acteurs du territoire. Par ailleurs, le Service de l’environnement de Wallis-et-Futuna répond à des appels à projets portés par l’OFB pour la réalisation de projets complémentaires.
Crédit : Agnès Carlier
La Délégation rencontre régulièrement le Service territorial de l’environnement, ainsi que les directions de l’agriculture et des travaux publics pour échanger sur les travaux en cours et les projets à venir.
Crédit : Agnès Carlier
Les enjeux de protection de la biodiversité principaux de ces îles sont d’une part les espèces exotiques envahissantes, végétales et animales, mais aussi l’érosion du trait de côte en raison du changement climatique et des aménagements réalisés, et la pollution littorale par l’assainissement défectueux ou l’élevage.
L’alimentation en eau potable et la protection de la ressource sont également des enjeux importants du territoire et des sujets d’intervention de l’OFB. Les îles sont très différentes : Wallis est une île calcaire et la ressource en eau provient d’une lentille d’eau souterraine qu’il faut préserver de toute forme de pollution de surface. À Futuna, rares sont les habitants qui ont accès à de l’eau « potabilisée » par traitement. Les rivières alimentent les villages à travers des canalisations d’eau brute stockée dans des réservoirs sur les points hauts.
Eau et assainissement
À Wallis, l’OFB propose d’aider à l’optimisation des réseaux d’eau potable existants, notamment par l’interconnexion des captages. Futuna est une île haute et les villages sont alimentés par les rivières relativement courtes qui drainent les bassins versants abrupts. L’OFB accompagne les services compétents pour l’animation d’ateliers d’échange autour de l’usage de l’eau et de l’opportunité de sa potabilisation. En termes d’assainissement, les travaux de mise aux normes de l’ANC ayant déjà été réalisés, l’OFB pourrait soutenir la réalisation d’un centre collectif de traitement des boues de vidange par un filtre planté.
Biodiversité
La mise à jour de la stratégie Biodiversité du territoire a été présentée en assemblée et doit être mise en application. Elle sera suivie par les agents des différents services territoriaux concernés avec le soutien de la Délégation. Les thématiques sont variées et mobilisent du monde. En plus de la convention de coopération, l’OFB a signé une convention tripartite avec le territoire et l’ADEME.
La société de Wallis-et-Futuna est organisée autour des villages et des royaumes coutumiers. La Délégation se rend environs trois fois par ans pour une mission de partage et d’échange avec les personnalités politiques et coutumières locales et avec les agents techniques de terrain. La culture locale entretient encore un lien fort avec la nature, les terres coutumières et les pratiques vivrières, aux côtés d’habitudes de consommation plus modernes. L’archipel fait face à une transition alimentaire rapide, avec des conséquences sanitaires majeures. L’enjeu est de réconcilier traditions et santé publique, en valorisant les savoir-faire locaux, l’agriculture vivrière et l’éducation à la nutrition.
Appel à projets Villages
Dans le cadre de notre convention de coopération, un appel à projet permet de mobiliser les villages de Wallis-et-Futuna à travers des actions de protection de la biodiversité (lutte contre les espèces exotiques envahissantes, restauration de mangrove, etc.)
Aires éducatives
En lien avec le Service de l’environnement, l’OFB accompagne les écoles pour développer les aires éducatives. Sur l’aire marine de Malaeofu les élèves de Sanele se réapproprient la mangrove, les îlots, le lagon et réapprennent les mots en langue Wallisienne qui décrivent ces milieux. Ils restaurent la mangrove et observent les résultats sur les espèces marines.
ProxyFeo
L’association Pala Dalik de Nouvelle-Calédonie a reçu un financement pour la création d’une exposition, nommée Proxi-récifs, de sensibilisation à la protection des récifs coralliens et des mangroves, qui a été décliné à Wallis-et-Futuna en ProxyFeo.
Du fait du statut différent de Wallis-et-Futuna, qui lui confère la totalité des compétences en matière d’environnement, l’OFB n’intervient pas en tant que gestionnaires d’espaces naturels protégés sur ce territoire mais appuie les collectivités dans leur réflexion autour de la création d’aires protégées, l’élaboration et l’évaluation de documents de gestion et enfin la gestion des différentes aires protégées (les statuts d’espaces protégés étant différents de ceux de l'Hexagone).
À Wallis-et-Futuna, il n’y a pour le moment aucune aire protégée au titre du code de l’environnement.
Aire marine protégée coutumière
L'association Faiva Tautai, composée de pêcheurs professionnels de Wallis, a monté un projet d'Aire marine protégée coutumière dans le lagon nord-est. Cette aire a été balisée en 2023. L’OFB a accompagné la réalisation de l’état des lieux (projet Te Me Um) et le déplacement du président de l’association vers la Polynésie Française pour échanger sur le fonctionnement des Rahui, dispositif de cantonnement de pêche propre à la culture polynésienne.
En chiffres
12
Zones clefs de biodiversité terrestres et marines à Wallis-et-Futuna, couvrant une surface totale de 16 586 hectares
35 %
des terres émergées sont classées en Zones clefs de biodiversité terrestres
Wallis, Futuna et Alofi sont trois îles très différentes. Wallis est une île basse et corallienne, sans rivière et bordée de mangroves, d’un lagon parsemé d’îlots et d’une barrière de corail protectrice. Futuna est au contraire une île haute caractérisée par ses rivières abondantes. Alofi, au Sud-Est de Futuna est, comme Futuna, dépourvue de lagon protecteur.
Il reste encore beaucoup à apprendre sur terre comme en mer pour restaurer les milieux marins, littoraux et terrestres.
Synthèse des connaissances
Dans le cadre de la précédente convention de coopération, un travail considérable de synthèse des connaissances a été réalisé avec la participation de nombreux experts et la coordination de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD).
Crédit : Nicolas Charpin
Une restitution de cet ensemble impressionnant de connaissances sera organisée en 2026 et servira de base à une mise à jour des zones clés de la biodiversité.
Un important travail d’identification et de séquençage génétique des poissons d’eau douce de Futuna et Alofi a été réalisé par l’association « Vie d’Ô douce ». Des premières études testant l’approche ADN environnemental ont été déployées dans une perspective d’identification de présence d’espèces de poissons menacées mais n’ont pas été concluantes.
En chiffres
92
espèces mondialement menacées sont identifiées dans les milieux terrestres et marins de Wallis-et-Futuna
135
espèces de coraux durs recensées à Wallis-et-Futuna dont le rarissime Acropora crateriformis trouvé en abondance sur la pente externe de la partie nord du récif barrière de Wallis
Wallis-et-Futuna comptent 12 Zones clefs de biodiversité terrestres et marines qui couvrent une surface totale de 16 586 hectares. Les Zones clefs de biodiversité terrestres représentent 35 % des terres émergées.
4 Zones clefs de biodiversité concernent le lagon et les îlots autour de Wallis et une Zone clef de biodiversité terrestre recouvre les forêts denses de l’île.
À Futuna, les Zones clefs de biodiversité sont majoritairement situées sur les bassins versants des rivières de l’île. Encore couverts d’une forêt dense pour la plupart, ces bassins versants sont les habitats privilégiés d’espèces endémiques et menacées. De plus, une faune exceptionnelle de gobies endémiques peuple certains des cours d’eau de Futuna et il est donc essentiel de la préserver.
Les Zones clefs de biodiversité identifiées à Wallis et à Futuna abritent 25 espèces cibles à protéger et conserver, comme l’échenilleur de Polynésie, le reptile Emoia adspersa et la roussette du Pacifique.
La moitié de la Zone économique exclusive de Wallis-et-Futuna fait partie d’une EBSA, ou « Zone marine d’importance biologique et écologique » de 325 000 km² et qui inclut également des parties de Zones économiques exclusives de Tuvalu et de Fidji. L’EBSA qui concerne la Zone économique exclusive de Wallis-et-Futuna est remarquable par ses diverses particularités topographiques : on y observe de très nombreux monts sous-marins, des zones de canyons très productives, des failles, des bassins ou encore des plateaux. Cette zone est aussi reconnue pour sa richesse en thons, l’une des plus importante au monde. Elle abrite plusieurs espèces emblématiques et menacées comme certains mammifères marins, des tortues, des oiseaux marins, des grandes espèces migratrices ou encore des coraux d’eau froide.
Crédit : Agnès Carlier
Wallis-et-Futuna sont particulièrement touchées par les espèces exotiques envahissantes végétales et animales. Au cours des 30 dernières années, environ 150 plantes ont été introduites, certaines devenant envahissantes et d’autres se naturalisant. Cette flore envahissante se développe au détriment d’espèces endémiques, ce qui peut impacter durablement les écosystèmes et les ressources naturelles.
La faune envahissante est également très préoccupante. Deux espèces de poissons envahissantes mettent en péril les cours d’eau wallisien : le tilapia du Mozambique et le guppy de Trinidade. Tous deux pourraient entraîner l’effondrement des populations endémiques des milieux colonisés.
Les mammifères envahissants sont nombreux : chiens errants, cochons, souris domestiques et trois espèces de rats. Tous sont très nocifs pour la biodiversité et potentiellement aussi pour les habitants. Les rats en particulier peuvent être vecteurs de maladies : en 2013, Futuna avait la plus grosse prévalence au monde de Leptospirose.
Les cochons ont une place prépondérante dans la culture et la coutume. En 2014, on comptait 22 116 porcs à Wallis-et-Futuna, presque le double de la population humaine. Les parcs à cochons ont des répercussions conséquentes sur l’environnement : les déjections et souilles polluent les sols alentours et la nappe phréatique par infiltration. Ils polluent également le lagon par écoulements, suite à des épisodes pluvieux ou au nettoyage à grande eau des parcs.
Les cochons sauvages sont également nocifs sur plusieurs îlots de Wallis qui sont des sites de nidification d’oiseaux marins et de tortues et qui peuvent abriter des lézards endémiques et une végétation encore naturelle.
Différentes activités humaines menacent la biodiversité wallisienne et futunienne. L’agriculture s’intensifie et les habitants ont recours à la défriche ou au brûlis afin de faire place nette. Ces activités impactent des milieux naturels ou encore peu dégradés : forêts primaires, cours d’eau…
La pollution est également une problématique majeure. La gestion des déchets est inadaptée et on observe une augmentation des « décharges sauvages » dans la nature, qui polluent les sols et les cours d’eau. Ces décharges sont des habitats favorables à la présence et la prolifération d’espèces envahissantes comme les rats.
La pollution par les eaux usées impacte également la biodiversité, les sols, les nappes phréatiques et le milieu marin. L’assainissement des eaux usées à Wallis-et-Futuna est non-collectif. La surpopulation du littoral aggrave ces phénomènes de pollution, d’autant plus que la zone côtière est l’endroit où la lentille d’eau douce est la plus proche de la surface et donc plus prône à la contamination.
Le sur-prélèvement de sable afin de construire des maisons en dur, depuis la fin des années 1960 a fortement impacté l’environnement wallisien. Ces sur-prélèvements ont eu pour conséquence de faire disparaitre des plages entières de la côte ouest de Wallis et ont également entraîné une importante érosion du littoral sur le reste du territoire. De la même manière, des sur-prélèvements de soupe de corail sont visibles sur le récif frangeant au sud et au nord de l’île. Le service de l’environnement de Wallis-et-Futuna notait cependant en 2014 un ralentissement notable dans la construction en dur au cours des dernières années, les maisons en dur représentant 93% des habitations à Wallis, et émettait ainsi l’hypothèse que les pressions exercées sur ces ressources pourraient diminuer à l’avenir.
Crédit : Agnès Carlier
Comprendre et agir
Les dispositifs pilotés par l'OFB à Wallis-et-Futuna
La délégation territoriale de l’OFB pour la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna décline, de façon opérationnelle, les dispositifs nationaux de l’OFB.
TeMeUm est un programme qui soutient de manière opérationnelle les acteurs de la préservation de la biodiversité des Outre-mer français à travers 3 campagnes de financement : le dispositif Tremplin pour les micro-projets, le dispositif Compagnonnage et le dispositif Coopération.
À Wallis-et-Futuna, 4 projets ont été financés par l’OFB depuis 2021.
Une aire éducative est un projet porté par une ou plusieurs classes pour lequel les élèves réfléchissent collectivement à la préservation d’un bout de territoire qu’ils choisissent proche de leur école. L’appel à projets finance le lancement de nouvelles aides éducatives et la poursuite d’aires éducatives existantes.
À Wallis-et-Futuna, une aire éducative a été financée par l’OFB.