Les aires éducatives permettent aux élèves de réfléchir et agir pour la préservation d’un petit espace naturel de leur environnement proche. Accompagnés par leurs enseignants et des acteurs de terrain, ils observent, dialoguent, et agissent ensemble pour mieux connaître et préserver leur territoire.
Dernière mise à jour : 12 juin 2026
Qu'est-ce qu'une aire éducative ?
Une aire éducative est un petit territoire naturel préservé de manière participative par les élèves d’une école, d'un collège ou d'un lycée. Encadrés par leurs enseignants et une structure de l’éducation à l’environnement, les élèves se réunissent sous la forme d’un « conseil des enfants » et prennent toutes les décisions concernant leur aire éducative.
Ce concept est né en 2012, aux Marquises (Polynésie française), de l’imagination des enfants de l’école primaire de Vaitahu qui ont souhaité protéger la baie se situant devant leur école. Une aire éducative peut être marine ou terrestre : on parle d’une AME (aire marine éducative) ou d’une ATE (aire terrestre éducative).
L’Office français de la biodiversité coordonne le développement de ce dispositif en partenariat étroit avec le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre d’un pilotage interministériel (Ministères en charge de l’Éducation nationale, de la Transition écologique, des Outre-Mer).
Durée : 6 min 27 sec
Vidéo YouTube [Vidéo - Les aires éducatives]Cette vidéo présente le programme d’aire éducative.
Une vidéo nous montre des adventices dans un champ.
Texte à l’écran : Les aires éducatives – quand des enfants s’emparent d’un petit espace de nature
Une enfant marche dans le champ en direction de la mer.
Texte à l’écran : « Mélina – En CM2 à Trégunc »
Mélina : J’adore habiter à côté de la mer. Je suis très sensible à ça, quand t’es à la mer t’entends le bruit des vagues, ça t’apaise, c’est vraiment trop bien. J’adore cet endroit.
Mélina est debout face à la mer, yeux fermés.
Mélina : Mon truc favori, c'est vraiment de fouiller les petites espèces d'animaux dans les rochers.
La caméra nous montre l’océan au large, et zoom sur un crabe et une étoile de mer.
Mélina : J'ai découvert plein d'espèces. Et en faisant des recherches sur une étoile de mer, j'ai découvert que quand elle avait perdu une de ses tentacules, elle repoussait après. Et vraiment, ça me fascine, ça.
Changement de scène, un autre enfant apparaît grimpant sur les rochers.
Texte à l’écran : « Maxime – en CM2 à Trégunc »
Maxime : J'aime bien surtout escalader les rochers, c’est ça que j’aime bien. Pour arriver tout en haut, voir l'horizon.
Maxime, debout en haut des rochers, regarde la mer. Le plan change sur une vue en plongée de la cour d’une école publique pendant la récréation. On voit ensuite une salle de classe, avec une maîtresse en plein cours.
La maîtresse s’adresse à ses élèves : L’atelier paysage, si jamais vous terminez assez tôt, rien ne vous empêche de rejoindre …
Un élève : Je pense qu’on a assez pollué comme ça, donc il faut essayer de trouver un moyen et de pas continuer.
Une élève, face caméra : On sait qu'on préserve un peu l'environnement selon ce qu'on fait. Je pense que je peux agir, et surtout si on est plusieurs à agir et à faire plein de petits gestes chaque jour. Et après, on essaie de trouver une idée pour que tout le monde s'y intéresse.
Les élèves sont filmés en classe, levant la main, prenant la parole devant la classe.
Une élève, filmée face caméra : L'air marine éducative, ça sert à protéger la nature et à connaître les plages qui sont près de chez nous.
La caméra filme la maîtresse, interviewée.
Texte à l’écran : « Béatrice Ponthieu, directrice de l’école René Daniel »
Béatrice Ponthieu, s’adressant à la caméra : Une aire marine éducative, ou une aire terrestre éducative, c'est le même principe, c’est une petite zone d'un espace naturel qui est cogérée entre une école, la mairie, la commune, et des référents du secteur environnemental.
Les élèves sont filmés levant la main, bougeant les tables, prenant des notes …
Béatrice Ponthieu : Donc c'est tous ces intervenants-là qui définissent une petite zone sur laquelle ils vont faire des propositions, que ce soit au niveau de la préservation de certaines espèces, au niveau de l'information des visiteurs, des touristes, là où on habite nous.
Les élèves changent la disposition des tables et des chaises pour se préparer au Conseil de la mer. Ils placent les chaises en cercle.
Texte à l’écran : « Conseil de la mer de l’école René Daniel »
Zoé : Je déclare le Conseil à la mer ouvert. Je m'appelle Zoé et je serai présidente.
Certains élèves lèvent la main.
Un élève : Moi, je proposais de faire un jeu de sept familles des animaux du littoral.
Une adulte : Ça pourrait être intéressant qu’il soit dans le ludothèque, je ne sais pas si vous le voyez passer de temps en temps. Comme il vient sur les plages pendant l’été…
La caméra nous montre le Conseil de la mer : élèves et adultes, assis en cercle, discutent, partagent des papiers, réfléchissent, débattent …
Une élève : Le Conseil à la mer, je trouve ça assez bien parce que c'est quelque chose qui permet d'améliorer les idées des autres pour qu'elles plaisent à tout le monde. Des fois, les enfants ont des idées plus riches, des fois, les adultes ont des idées plus riches aussi. Ils peuvent mélanger leurs idées et voir ce que ça donne. Comme ça, on peut faire le tri entre ce qui est possible de faire et ce qui n'est pas possible de faire.
Zoé : Qui vote pour l’action une ?
Quelques personnes lèvent la main. Un élève se lève pour compter les mains levées.
Béatrice Ponthieu : Dans le Conseil à la mer, les adultes présents respectent les mêmes règles que les enfants. Et c'est le lieu où on va faire le point sur ce qui a été fait et puis envisager les actions futures qu'on aimerait mener.
La caméra nous montre le littoral rocheux à marée basse, avec les enfants cherchant des espèces parmi les rochers et les mares créent par la marée.
Béatrice Ponthieu : C'est une manière de faire l'école différemment. Les enfants sont super impliqués. Ils sont à fond pour apprendre, partager. Ils ont envie que tout le monde sache ce qu'ils ont appris et voir leur environnement proche finalement avec un autre œil.
Un enfant montre à la caméra un petit poisson trouvé dans une mare. Ils sont ensuite réunis en groupe autour de boîtes « Mollusques », « Crustacés », « Cnidaires » où ils classent leurs trouvailles. Un crabe est filmé tenant un crabe plus petit dans sa pince. Puis, changement d’ambiance, on se retrouve dans une forêt et un panorama sur un village.
Texte à l’écran : « Aire terrestre éducative de Saint-Sylvestre. »
Une adulte, non montrée à l’écran : Au départ, il y a eu les aires marines éducatives, puis les aires terrestres éducatives. Nous ici en Limousin, c'est vrai que c'est un paysage très boisé. Ce qui est intéressant, c'est le fait que ce soit une zone humide tout près de l'école.
Un cours d’eau est filmé. On voit des enfants attroupés autour du ruisseau et recueillir des éléments dans des petits boîtes.
Texte à l’écran : « Bérangère Ducastelle, professeure des écoles »
Bérangère Ducastelle, face caméra : Les enfants sont en immersion totale. Ils sont dans une démarche scientifique d'exploration, d'analyse, de tri des données.
On voit les enfants avec des fiches d’identification d’espèces à la main, discuter avec la référente travaillant au Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine.
Bérangère Ducastelle : Ce matin, ils sont accompagnés par Murielle. Moi, je sais que personnellement, ce qui me manquait, c'était les compétences scientifiques. Donc là, on bénéficie de l'aide de gens compétents.
Texte à l’écran : « Murielle Lencroz – Conservatoire d’espaces naturels Nouvelle-Aquitaine »
On voit Murielle montrer une chose dans une boîte aux enfants.
Texte à l’écran : « Vicente – En CM2 à Saint-Sylvestre ».
Vicente, face caméra : Aujourd'hui, on essaye de voir l'état de l'eau pour voir si elle est de bonne qualité, si la station d'épuration n’endommage pas le site.
On voit de nouveau les enfants autour du ruisseau, et ils montrent des larves de libellule dans une boîte à la caméra.
Vicente : C'est des larves de libellule qu'on a trouvées. On a trouvé il y a trois ans *nom d’espèce de libellule* qui prouve qu'il n'y a pas beaucoup de pollution parce qu'elle est très sensible à la pollution.
Les enfants, fiches à la main, répondent à une question de Murielle Lencroz.
Bérangère Ducastelle : Il y a des sciences, il y a de la démocratie, mais on travaille aussi les maths, on travaille le français, on travaille énormément de choses et tout ça en dehors des quatre murs de la classe.
De retour dans une salle de classe. Les enfants lèvent la main, écrivent des choses au tableau.
Texte à l’écran : « Conseil de la Terre de l’école Nelson Mandela »
Bérangère Ducastelle : Le gros projet maintenant, c'est en termes de communication, les enfants envisagent de réaliser des panneaux pédagogiques pour donner des informations aux visiteurs. Pour eux, je crois que c'est une nouvelle génération, ils entendent parler des règlements climatiques, ils voient bien qu'il y a plein de choses qui ne vont pas dans leur quotidien, ils en entendent parler, ça peut même être anxiogène, donc ils sont très sensibles à ça. Et c'est leur offrir concrètement une possibilité d'agir. Ensuite, la municipalité jusqu'à présent a toujours joué le jeu, donc ça a donné un espace de liberté énorme aux enfants. Et ça a surtout donné du poids à leur travail et à leurs actions.
Les enfants sont groupés devant leur école et s’écrient : « ATE, AME, sauvent la nature ! » la caméra s’éloigne de l’école.
Texte à l’écran : « Partout en métropole et dans les Outre-mer, les élèves des aires éducatives agissent pour préserver l’environnement. »
Le logo de l’Office français de la biodiversité apparaît en conclusion finale.
4 bonnes raisons de créer une aire éducative !
- Faire classe dehors et changer le lien au Vivant, avec des effets aujourd’hui reconnus sur le bien-être, la santé physique, mentale et les apprentissages des élèves.
- Développer les connaissances et les liens au territoire et à sa biodiversité, l’histoire, les activités et acteurs qui y sont liés.
- Expérimenter la citoyenneté. Les élèves réfléchissent et dialoguent avec les acteurs du territoire sur la gestion d’un commun. Ils apprennent à délibérer, se baser sur des informations objectives, entendre d’autres points de vue.
- Aider les enseignants à mettre en place une pédagogie de projet qui facilite l'interdisciplinarité et crée une dynamique collective dans la classe qui se ressent sur tous les apprentissages. Les enseignants témoignent d’un changement de motivation des élèves et en particulier de ceux qui sont en difficulté.
Les aires éducatives près de chez vous
Plus de 1900 écoles et établissements scolaires sont déjà engagés dans la mise en place d’une aire éducative sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les Outre-mer. Rejoignez le réseau !
Le programme aires éducatives, soutenu par l'Office français de la biodiversité est présent partout en France. Cette carte représente les Aires marines éducatives (AME) en bleu et les aires terrestres éducatives (ATE) en vert. En 2025, ce sont 1942 aires éducatives qui sont actives, dont 399 AME et 1543 ATE. Au total, cela représente plus de 250 000 élèves impliqués dans la démarche.
Source : Office français de la biodiversité
Fonds cartographiques : OFB, IGN
Traitements : SMCB | Réalisation : Marin LARDEAU, Olivier DEBUF
OFB Janvier 2026
Les aires éducatives déployées à l’international !
Plusieurs expérimentations d’aires éducatives sont en cours à l’international (Espagne, Grèce, Finlande, Luxembourg, Canada, Australie, Brésil, Tunisie, Guatemala, Seychelles, Comores, Ile Maurice, Madagascar...), témoignant de l’attrait de nombreux pays pour ce dispositif.
Le déploiement des aires éducatives à l’international est rendu possible par la participation de l’OFB à plusieurs projets européens (Bluelights, AMEO) et à l’intégration des aires éducatives dans des réseaux internationaux d’éducation à l’environnement marins et terrestres (UNESCO Green schools, UNESCO Global network of Blue schools, Network of european Blue schools...).
L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger expérimente également les aires éducatives dans plusieurs pays.
Convaincus ? Voici comment se lancer
Étape 1 : Monter son projet
Une aire éducative se développe tout au long de l’année scolaire et a vocation à durer sur le long terme. Pour préparer sa mise en place, il est conseillé de :
- Identifier un accompagnant / une structure accompagnatrice du projet : L’enseignant, avec le soutien de la structure accompagnatrice, amène les élèves à avancer dans leur projet d’aire éducative ;
- Se rapprocher de la commune pour l’informer du projet et la questionner sur des sites d’accueil potentiels de l’aire éducative (le choix final revient aux élèves). La zone de l'aire éducative ne doit pas nécessairement se trouver dans un espace protégé, elle doit se situer à proximité de l'école ou de l’établissement scolaire, et facilement accessible.
- Évaluer le coût du projet avec la structure accompagnatrice afin de lancer des demandes de financement. Parfois ces interventions sont déjà prises en charge par la commune qui finance directement des structures d’éducation à l’environnement et met à disposition des agents pour vous accompagner.
Étape 2 : Inscrire son projet d’Aire éducative sur SAGAE
Les écoles, collèges et lycées peuvent s’inscrire au dispositif des aires éducatives sur la plateforme SAGAE. Cette inscription permet d’être accompagné par l’OFB et ses partenaires pour construire son projet.
C’est la plateforme de vie des aires éducatives où vous pourrez raconter votre projet, ses avancées et partager des photos. En fin d’année scolaire, vous pouvez obtenir le label « Aire marine éducative » ou « Aire terrestre éducative », reconnaissant l’implication des élèves.
Étape 3 : Financer votre projet d’aire éducative
Les dépenses dans un projet d’aire éducative sont principalement liées aux interventions de la structure accompagnatrice. On estime, à titre indicatif, que celle-ci intervient en moyenne 10 demi-journées par an avec un coût d’environ 4 000 € par an.
Parfois ces coûts sont directement pris en charge par la collectivité ou d’autres acteurs.
Si vous avez besoin d’un financement, l’OFB propose une subvention aux écoles et établissements scolaires qui souhaitent lancer ou poursuivre leurs projets, pour deux années scolaires :
- 5 000 € pour les nouveaux projets d’Aires éducatives
- 4 000 € pour les projets déjà existants qui souhaitent se renouveler
Pour faire une demande de financement
Depuis 2022, l’OFB est partenaire avec le Groupement d'intérêt public (GIP) Trousse à projets qui gère et administre la plateforme de financement participatif du Ministère de l’Éducation nationale.
À la suite de leur inscription sur SAGAE, les porteurs de projet publient leur demande de financement sur la plateforme Trousse à projets. Une collecte de financement participatif sera alors créée pour permettre de mobiliser des fonds supplémentaires, qui viendront s’ajouter à la subvention accordée par l’OFB.
Besoin d’un accompagnement dans les démarches ?
Les groupes régionaux des aires éducatives (GRAE) sont là pour vous appuyer localement dans le montage et le dépôt de vos projets.
Ressources
Parrain et marraine du réseau Aires éducatives
Prenant la suite de la biologiste Audrey Dussutour, François Sarano parraine les aires éducatives depuis 2025.
Contacts
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L'équipe des aires éducatives