Gérer et restaurer les espaces protégés

Les pressions exercées par les activités humaines sont la principale cause de l’érosion de la biodiversité, et ce, de façon souvent irréversible. C’est pourquoi, il est apparu essentiel de protéger certains espaces jugés remarquables en termes d’espèces et habitats, de fonctions écologiques et de services rendus par les écosystèmes, mais aussi souvent de patrimoine culturel et paysager.

Les espaces naturels protégés français couvrent environ 21 % des terres et 23,5 % des eaux françaises. Certains d’entre eux sont gérés directement par l’Office français de la biodiversité (OFB). D’autres sont gérés par des opérateurs distincts : autres établissements publics, collectivités, fédérations, associations... L’OFB apporte son appui technique aux réseaux de gestionnaires d’aires protégées. L'Office contribue également aux stratégies nationales en lien avec les espaces protégés.


Carte des espaces protégés gérés, co-gérés ou rattachés à l’OFB. L'établissement gère également ou co-gère 113 sites Natura 2000, essentiellement marins.

Les aires marines protégées

Les aires marines protégées (AMP) sont des espaces délimités en mer qui répondent à des objectifs de protection de la nature à long terme. Le code de l'environnement reconnait aujourd’hui 15 types d’aires marines protégées. De nouvelles catégories peuvent être reconnues par arrêtés ministériels. La plupart des aires marines protégées permettent de concilier les enjeux de protection et le développement durable d’activités. Leurs modes de gouvernance associent le plus souvent les usagers, les élus, les experts… à la gestion de l’espace marin classé.

L'Office français de la biodiversité anime le réseau des aires marines protégées françaises et contribue à la participation de la France à la constitution et à la gestion des aires marines protégées décidées au niveau international. 

L’OFB gestionnaire ou co-gestionnaire d’aires protégées

L’OFB est directement gestionnaire ou co-gestionnaire d’aires protégées, auxquelles il dédie des moyens humains, financiers et techniques :

  • 9 parcs naturels marins (6 en métropole et 3 dans les Outre-mer), 
  • le sanctuaire de mammifères marins Agoa aux Antilles,
  • 109 sites Natura 2000 marins et 4 sites Natura 2000 terrestres
  • 8 réserves naturelles nationales (RNN)
  • 8 réserves nationales de chasse et de faune sauvage (RNCFS) (8 des 10 RNCFS existantes sont gérées par l’OFB) ;
  • 11 réserves de chasse et de faune sauvage (RCFS) ;
  • 3 réserves de chasse et de faune sauvage de Corse (RCFS de Corse) ;
  • 1 réserve de biosphère  ;
  • des sites du conservatoire du littoral ;
  • 1 arrêté de protection de biotope (APB).

 

Les réserves naturelles nationales ont pour objectif de préserver sur le long terme des milieux naturels exceptionnels, des espèces à forte valeur patrimoniale et le patrimoine géologique. Pour y parvenir, une réglementation adaptée au contexte local est mise en place.

Les aires de protection de biotope ont pour vocation de conserver l’habitat des espèces à protéger. Elles sont créées par arrêté préfectoral ou, directement par le ministre en charge de la pêche si les mesures portent sur le domaine public maritime. 

Les réserves de chasse et de faune sauvage (RCFS) visent à protéger les populations d’oiseaux migrateurs conformément aux engagements internationaux, assurer la protection des milieux naturels indispensables à la sauvegarde d’espèces menacées, favoriser la mise au point d’outils de gestion des espèces de faune sauvage et de leurs habitats et contribuer au développement durable de la chasse au sein des territoires.

Peuvent être constituées en Réserve nationale de chasse et de faune sauvage (RNCFS), les RCFS qui présentent une importance particulière, soit en fonction des études scientifiques, techniques ou des démonstrations pratiques qui y sont poursuivies, soit parce qu’elles abritent des espèces dont les effectifs sont en voie de diminution sur tout ou partie du territoire national ou des espèces présentant des qualités remarquables, soit en raison de leur étendue.

    Pour les parcs naturels marins et le sanctuaire Agoa, l’OFB apporte également son expertise aux conseils de gestion. Les conseils de gestion des parcs agissent sur délégation du conseil d’administration de l’OFB pour fixer les modalités et critères d’attribution des concours financiers pour certains types d’opérations définies au plan de gestion, mais aussi pour émettre des avis sur les projets se déroulant dans leur périmètre, dont certains peuvent être des avis conformes, lorsqu’ils ont un effet notable sur le milieu marin d’un parc naturel marin ; ils sont alors obligatoirement suivis par les services instructeurs.

    Les sites Natura 2000

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    Le réseau Natura 2000 est un réseau européen de sites naturels destiné à protéger des espèces et des habitats remarquables à caractère patrimonial. Le ministère de la Transition écologique et solidaire a délégué à l'Office français de la biodiversité (OFB) le rôle de référent national technique et scientifique (avec l’appui de l’Unité mixte de service Patrinat, CNRS-OFB-MNHN). Il intervient sur le choix, la gestion et l’appui à la mise en réseau des sites Natura 2000.

    Chaque site est géré par un opérateur (ou deux dans le cas d'une cogestion) et dispose d'une instance de gouvernance (le comité de gestion) rassemblant l'ensemble des acteurs locaux concernés. Cet opérateur peut être une collectivité, un comité local des pêches, une association de protection de l'environnement ou un établissement public.

    Pour améliorer l’état de conservation des habitats naturels marins tout en mobilisant l’ensemble des parties prenantes de Natura 2000, le projet LIFE Marha a été créé. L’Office français de la biodiversité coordonne ce projet national avec onze autres partenaires.

    Parmi ces aires protégées gérées ou cogérées par l’OFB, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage d’Orlu et la Réserve de chasse et de faune sauvage de Donzère-Mondragon sont inscrits sur la liste verte des aires protégées de l’UICN. Il s’agit d’un label international qui vise à reconnaître à travers le monde, des aires protégées qui sont gérées équitablement et efficacement, avec des impacts positifs sur la nature et les sociétés. Ce standard fournit une référence mondiale en matière de gestion efficace et de gouvernance de qualité, qui incite à améliorer la performance et l’atteinte des objectifs de conservation. Pour être inscrit sur la Liste verte, un site doit en effet répondre à 17 critères d’excellence en matière de gouvernance, de gestion, de planification et de résultats de conservation.

    Les parcs nationaux

    Les 11 parcs nationaux de France allient des missions de conservation et de développement sur plus de 60 000 km2 (soit près de 5% du territoire national), 300 communes et plus d’un demi-million d’habitants.

    Les parcs nationaux sont des territoires d'exception régis par des projets de territoire intitulés Chartes des parcs nationaux. Construite collectivement avec les communes et les acteurs du territoire, chaque charte de parc national indique pour 15 ans les objectifs et les orientations de protection, de mise en valeur et de développement durable retenues pour le territoire, en coeur comme en aire d'adhésion. L'ensemble de ces chartes est disponible sur le Référentiel chartes des parcs nationaux

    Les parcs nationaux sont rattachés à l’OFB. À ce titre, l'Office assure pour leur compte des services administratifs communs (gestion des ressources humaines, paie, comptabilité, services informatiques), et anime une douzaine de groupes de travail scientifiques, juridiques et techniques inter-parcs dont la communication. Ces groupes de travail ont pour objectifs de :

    • mutualiser leurs expériences, 
    • élaborer des stratégies communes, 
    • construire des projets collectifs,
    • rédiger des synthèses thématiques transversales.

    Ce rattachement permet une mise en œuvre concertée et féconde des missions de chaque établissement et une synergie d’actions en faveur de la biodiversité et de la transition écologique des territoires.

    Depuis 2015, le réseau des parcs nationaux de France déploie Esprit parc national, une marque collective de l'OFB, engagée dans le respect de l’environnement et la protection de la biodiversité. Elle propose une offre d'hébergements, de restauration, de produits locaux, d'activités et de séjours qui valorise les territoires et l’économie locale.

    En savoir plus : 

    L'Office au cœur des réseaux : la conférence des aires protégées

    Les gestionnaires d'espaces protégés en France sont nombreux, et pour la plupart fédérés par des têtes de réseaux nationales. La conférence des aires protégées (CAP) est une instance créée et animée par l'OFB pour réunir ces grands réseaux nationaux :

    • les parcs nationaux,
    • les parcs naturels marins,
    • les parcs naturels régionaux,
    • les réserves naturelles,
    • les conservatoires d’espaces naturels,
    • les autres aires marines protégées,
    • le conservatoire du littoral et ses gestionnaires réunis au sein de Rivages de France,
    • les réserves de biosphère,
    • les grands sites de France,
    • les sites RAMSAR,
    • les départements de France en tant que gestionnaires d'espaces naturels sensibles,
    • l'Office national des forêts.

    La CAP apporte au Conseil d'administration son avis sur la politique « aires protégées » de l’OFB. Elle est aussi un forum d’expression collective des aires protégées auprès des pouvoirs publics.

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      La contribution aux stratégies nationales 

      L’Office français de la biodiversité contribue à la définition et à la mise en œuvre des stratégies nationales de création et de gestion des aires protégées.

      Il a ainsi organisé, en octobre 2019, un colloque national des aires marines protégées portant sur la refonte de la stratégie nationale des aires marines protégées et une journée d’ateliers sur la future stratégie aires protégées pour laquelle il appuie le MTES en vue de son adoption en 2020.