La réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon

L’Office français de la biodiversité est co-gestionnaire de la réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon, en Vendée et en Charente-Maritime.

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La réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon. Crédit photo : Réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon
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Situés sur le littoral atlantique, les 4 900 hectares de la baie de l’Aiguillon sont protégés par deux réserves naturelles nationales co-gérées par l’OFB et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). La direction régionale Pays de la Loire de l'OFB assume la direction globale des deux réserves.

Proposé pour une mise en réserve dès 1959, le dossier de réserve naturelle est resté sans suite jusqu’en 1983. En 1986, la Fédération départementale des chasseurs de la Vendée et la Ligue pour la Protection des Oiseaux présentèrent à nouveau un projet de protection. Pourtant, il faudra encore plus de 10 ans pour que le projet aboutisse à la création de la Réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon (Vendée) par le décret n°96-613 du 09 juillet 1996 sur une surface de 2 300 hectares.
Côté charentais, le classement va prendre plus de temps, la réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon (Charente-Maritime) sera classée par le décret n°99-557 du 2 juillet 1999, permettant ainsi de doubler la superficie et de protéger l’ensemble du site.

La baie de l’Aiguillon est connue pour la conchyliculture et plus précisément pour la mytiliculture (élevage de moules). Ainsi, la culture des moules sur bouchots (pieux de bois plantés dans la vase) a été “inventée” en baie de l’Aiguillon et de nombreuses installations jalonnent la baie et le pertuis breton.

Habitats et espèces de la réserve

La réserve de la baie de l’Aiguillon est constituée d’une immense vasière (slikke) entourée de prés salés (schorre).

La vasière, située entre les zones de balancement des marées, héberge une grande quantité de mollusques et de vers qui servent de nourriture aux limicoles et à certains canards.

Les prés salés, appelés aussi localement « mizottes » s’étalent sur plus de 1 200 hectares. Rare au niveau européen, cet habitat est composé d’une flore typique tolérante à la submersion marine (halophile) comme l’Obione ou les salicornes.
Cette végétation favorise l’hivernage de certaines espèces d’anatidés.
Le pré salé sert également de zone de nourricerie pour de nombreux poissons venant s’y alimenter (Bar européen, Mulet porc, Sole...).

La baie constitue un site d’importance internationale pour plusieurs espèces qui y trouvent une ressource alimentaire abondante et une quiétude indispensable pour s’y reposer.

La baie de l’Aiguillon et le Marais poitevin sont complémentaires pour plusieurs espèces comme la Sarcelle d’hiver, le Canards pilet, le Canard colvert, le Canard siffleur et le Canard souchet, qui vont s’alimenter la nuit dans les prairies humides du Marais poitevin.
C’est aussi le cas des limicoles comme la Barge à queue noire, en migration prénuptiale.

Prés salés et vasière. Crédit photo : Réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon
Barges à queue noire. Crédit photo : Matthieu Vaslin

Selon l’INPN, au moins 230 espèces ont été dénombrées en Charente-Maritime et 143 sur la partie vendéenne :

  • 180 espèces d'oiseaux
  • 13 espèces de poissons
  • 3 espèces de reptiles
  • 20 espèces d'angiospermes
  • 5 espèces de bivalves
  • 5 espèces de crustacés
  • 3 espèces de mammifères
  • 1 espèce de gastéropode
  • 81 espèces d’oiseaux
  • 19 espèces de poissons
  • 10 espèces de mammifères
  • 17 espèces d’insectes
  • 6 espèces de crustacés

L’OFB, co-gestionnaire de la réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon

La baie de l’Aiguillon étant protégée par deux réserves naturelles distinctes administrativement, deux comités consultatifs ont été institués. Ces deux comités se sont prononcés pour un même tandem chargé de la gestion des deux réserves : l’Office français de la biodiversité, établissement public à caractère administratif et la Ligue pour la Protection des Oiseaux, association de protection loi 1901.

Une convention de cogestion précise les modalités d’intervention des deux organismes.

Grâce à leurs spécificités, l’OFB et la LPO sont complémentaires. Ils réalisent en coordination l’ensemble des opérations de gestion, les suivis scientifiques et la valorisation des actions, selon un plan de gestion unique. Chacun des établissements conserve cependant un volet départemental sur le plan des relations locales et administratives.

La protection et la conservation des habitats littoraux constituent un enjeu majeur pour le Marais poitevin qui présente un important linéaire de côtes. La baie de l’Aiguillon constitue un vaste ensemble naturel, composé de nombreux habitats remarquables accueillant une biodiversité exceptionnelle, classé en réserve naturelle nationale, mais qui reste soumis à des pressions anthropiques (conchyliculture, agriculture, tourisme) et naturelles (submersions, tempêtes).

C’est dans ce contexte que le Parc naturel régional du Marais poitevin, l’ONCFS  (désormais OFB) et la LPO ont construit le projet LIFE Baie de l’Aiguillon. Ce programme d’actions, validé par la Commission européenne, a débuté le 1er janvier 2016 et a pour objectifs la préservation, la restauration et la valorisation des habitats littoraux d’intérêt européen de la baie de l’Aiguillon.

Réglementation dans la réserve

Afin de garantir la préservation des espèces et des milieux, plusieurs interdictions ont été mises en place :

  • la circulation des véhicules à moteur,
  • l’accès aux chiens,
  • la chasse,
  • la cueillette des végétaux,
  • le dépôt de déchets,
  • le camping et le bivouac.

> Consultez le site de la réserve naturelle nationale de la Baie de l'Aiguillon

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