REMMOA I : entre 2008 et 2015
Un premier cycle de campagnes a permis de couvrir différentes grandes régions :
- Antilles-Guyane (2008),
- le Sud-ouest de l’Océan Indien (2009),
- la Polynésie française (2010),
- la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna (2014-15).
Près de 4 millions de km² (l’équivalent de plus de 6 tours du monde) ont ainsi été couverts, totalisant près de 80 000 observations, qui ont été versées à la base mondiale de la grande faune marine OBIS-SEAMAP (Ocean biogeographic information system - Spatial ecological analysis of megavertebrate populations). Leur agrégation à cette base de données mondiale a représenté alors 1,5 % de son volume total.
La compilation et l’analyse de ces données a permis de :
- délivrer des indications précieuses pour orienter les stratégies de préservation de la biodiversité marine,
- faire évoluer les réglementations ou mieux protéger certains secteurs.
Mais pour la communauté scientifique comme pour les gestionnaires du milieu marin, l'exploitation de cette véritable mine d'informations n’en est qu’à ces débuts, notamment concernant une connaissance plus précise des habitats des espèces rencontrées et leurs aires de répartition, ou une capacité de mieux estimer la composition des peuplements et leur nombre.
Dans cette perspective, le renouvellement de ce type de campagnes basées sur l’observation aérienne sur de très vastes périmètres apparaît indispensable pour mieux cerner les tendances temporelles des espèces (évolution des effectifs, déplacement des aires de répartition) et comprendre l'effet des variations des paramètres environnementaux sur ces animaux, notamment dans le contexte actuel de changement climatique.
REMMOA II : campagne 2026 en Polynésie française
La Polynésie française accueille en 2026 une nouvelle campagne : son territoire représente à lui seul près de la moitié des eaux marines sous juridiction française. Les archipels polynésiens présentent une mosaïque d’écosystèmes tropicaux - îles hautes, atolls, gradients de productivité... Au-delà des zones récifales et côtières, les connaissances restent encore lacunaires sur le milieu marin.
Préparée en 2025 en collaboration avec le gouvernement local polynésien - le Pays - pour définir les sites d'observation, la mission d’observation se déroule entre février et avril 2026, mobilisant une équipe de 15 personnes (les observateurs sont recrutés et formés sur place, pour renforcer les compétences locales et favoriser l'implication communautaire) et couvrant environ 850 000 km².
REMMOA II permettra d'établir une comparaison avec l’état initial dans les eaux de Polynésie française réalisé 15 ans plus tôt. Les résultats alimenteront la recherche scientifique mais aussi les initiatives de sensibilisation auprès du grand public et des scolaires, notamment dans le cadre des Aires Marines Éducatives (AME).
Un engagement pour l’environnement
Conscients de l’impact environnemental de ce type de mission, les organisateurs veillent à réduire l’empreinte carbone de la campagne. En complément d’un protocole multispécifique qui optimise l’effort déployé, les vols sont optimisés afin de limiter les émissions de carbone.