La Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre

L’Office français de la biodiversité co-gère la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre dans la région Grand Est.

La réserve de la Petite-Pierre existe depuis 1952, elle devient réserve nationale de chasse et de faune sauvage par l’arrêté ministériel en date du 7 août 1996.
Elle s’étend sur 2 728 hectares au sein du Parc naturel régional des Vosges du nord.

La réserve est également incluse dans le site Natura 2000 (directives « Oiseaux » et « Habitats ») et dans la Réserve de biosphère « Vosges du Nord ».

Conçu initialement pour développer les populations de cerfs, ce site d'étude historique est aujourd'hui un territoire de référence pour l'étude du cerf élaphe, du chevreuil et du sanglier ainsi que pour analyser les interactions entre la grande faune et la forêt.

Photo de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre. Crédit photo : Philippe Massit / OFB

Habitats et espèces de la réserve

Située au cœur d'une forêt vallonnée, la réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre culmine à une altitude maximale de 400 mètres. Les peuplements forestiers sont variés. Le territoire abrite du hêtre, du chêne sessile, du sapin et du pin sylvestre qui constituent un paysage unique, coloré et harmonieux.

Le territoire est favorable à la présence de nombreux ongulés de plaines et abrite de nombreuses espèces protégées d'oiseaux (Faucon pèlerin, Hibou grand-duc...), de chauves-souris, et d'insectes (Lucane cerf-volant).
Côté flore, plusieurs espèces protégées de fougères comme l’Osmonde royale et la Polystic à soie sont présentes dans la réserve.

Cette richesse est la conséquence de la grande diversité structurale, tant au niveau des peuplements (futaies de grands arbres, certaines ouvertes d'autres fermées, ouvertures suite à la tempête de 1999, mélange feuillus / résineux, etc.) que du paysage (plateaux, vallons, rochers...).

L’OFB, co-gestionnaire de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre

La gestion de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre a été confiée à l’Office français de la biodiversité et l’Office national des forêts. Ensemble, ils assurent cinq missions principales listées dans l’arrêté ministériel de création :

  • la réalisation d'un modèle de gestion globale de l'écosystème forestier, notamment par la mise en œuvre d'opérations expérimentales d'aménagement de l'espace forestier prenant en compte l'existence des ongulés sauvages et les résultats des études menées sur ces espèces ;
  • la réalisation d'études scientifiques et techniques concernant les ongulés sauvages (cerf, chevreuil et sanglier) ;
  • la protection d'espèces dont le statut est précaire (faucon pèlerin, grand-duc...) et l'amélioration des habitats qui leur sont favorables ;
  • la capture d'ongulés sauvages de souche pure à des fins de repeuplement ; cette mission n’est désormais plus d’actualité.
  • la formation des professionnels et des chasseurs et la vulgarisation des connaissances acquises en matière de gestion des espèces sauvages et de l'espace forestier, ainsi que l'initiation et l'information du grand public et des scolaires à la flore et à la faune.

Particulièrement engagée pour la durabilité des forêts, FDJ UNITED soutient la gestion exemplaire de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre, à travers une convention de mécénat signée en 2023 avec l'OFB.

Le financement de FDJ UNITED porte sur 3 volets complémentaires de la conservation pour favoriser le retour des espèces protégées forestières emblématiques :

  • Développer la mosaïque d'habitats en milieu forestier ;
  • Assurer les installations nécessaires à l'observation et au suivi des espèces ;
  • Mettre en place des outils de sensibilisation auprès du grand public.

Vidéo : À quoi sert une réserve ? L'exemple de la Petite-Pierre

Durée : 7 min 48 sec

Vidéo YouTube [À quoi sert une réserve ? L'exemple de la Petite-Pierre]

Plusieurs images de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre se succèdent.

Le titre de la vidéo s’affiche à l'écran : La réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre.

Voix off :

« Au cœur des Vosges du Nord, dans la région du Grand Est, la réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre est un site protégé pour la biodiversité.
Cette réserve s'étend sur 2 728 hectares au cœur d'une forêt vallonnée. Hêtre, chêne sessile, sapins et pins sylvestres constitue un paysage unique.

Des images d’un agent de l’OFB, Vivien Siat, dans la réserve s’affichent à l’écran.

Interview de Vivien Siat, Office français de la biodiversité

Vivien Siat : Cette réserve, celle de la Petite-Pierre a été créée en 1952. Donc elle a été créée à l'époque vraiment avec l'objectif de redynamiser localement les populations de cerfs. Globalement, après la Seconde Guerre mondiale, les populations de cerfs dans l'ensemble du massif vosgien étaient très (très) basses et ils ont fait le choix de préserver ici un territoire de 6 000 hectares. Donc elle faisait le double, la réserve à sa création, de préserver ce territoire pour laisser le cerf s'installer tranquillement, se redynamiser localement.
Et ce territoire a aussi servi dans un second temps à exporter des animaux vivants pour repeupler d'autres territoires à l'échelle nationale. Globalement, cela a été fait de la création, donc à partir des années 50 et jusqu'en 1975. À partir des années 75 finalement, la petite pierre devient le territoire d'étude et de recherche au niveau national pour l'espèce cerf. Mais évidemment, les espèces on ne les étudies pas seuls. Donc on a commencé aussi à étudier les interactions finalement entre le cerf et son écosystème.

D'autres images de Vivien Siat apparaissent à l'écran : levant une antenne GPS avec sa main droite et tenant un boitier à touches dans sa main gauche.

Vivien Siat : Alors là, on est en train d'essayer de récupérer un collier, un collier GPS qui était du coup attaché autour du cou d'une biche. Le voilà, le collier est juste-là. Alors ça, ça nous permet de suivre de façon extrêmement précise les déplacements des animaux. L'idée, c'est vraiment de pouvoir avoir pendant deux ans de suivi sur un même animal l'intégralité de ces déplacements. Généralement, les colliers sont programmés pour prendre une donnée de localisation toutes les deux heures pendant deux ans.
On peut vraiment imaginer la RNCF de la Petite-Pierre comme un laboratoire à ciel ouvert. On commence aussi maintenant depuis qu'on est l'Office français de la biodiversité, en partenariat avec l'ONF (Office national des forêts) à s'intéresser aussi à d'autres taxons, notamment tout ce qui va être l'avifaune avec les espèces rupestres, puisqu'on a la chance d'avoir quand même un certain nombre d'habitats rocheux très favorables aux espèces rupestres.
Mais on peut aussi s'intéresser à d'autres espèces, notamment les grands prédateurs, avec un suivi par piégeage photographique qui nous permet d'appréhender si oui ou non ils sont présents ou pas sur le territoire.




Voix off :

« Milieu exclusivement forestier, la réserve de la Petite-Pierre présente l'avantage de proposer diverses sortes d'habitats propices à une riche biodiversité. Située dans le parc naturel régional des Vosges du Nord, réserve de biosphère et site classé Natura 2000, la réserve abrite de nombreuses espèces protégées ».

Les images montrent trois agents observant une mare.

Interview de Jean-Michel Lutz, conservateur de la réserve (OFB)

Jean-Michel Lutz : C'est un territoire qui bénéficie d'un statut de protection particulier. Nous sommes co-gestionnaires avec l'Office national des forêts. On s'assure que tous ces écosystèmes soient préservés. Le plan de gestion du territoire décline un certain nombre d'enjeux, un programme d'actions. Et c'est justement ces actions que nous mettons en œuvre avec nos collègues de l'ONF. Par exemple, ça peut-être améliorer l'habitat, par la création de mares telle que, (telle que) celle que nous avons derrière nous. Des milieux fragiles qui, tels que les zones humides, qui disparaissent, représentent également un péril.

Voix off :

« Améliorer l'habitat, c'est aussi faire en sorte qu'il soit plus accessible. Ainsi, les alentours des barres rocheuses, lieux de nidification d'espèces protégées telles que le Grand corbeau ou le Faucon pèlerin, se doivent d'être entretenues.

Suite interview de Jean-Michel Lutz, conservateur de la réserve (OFB)

Jean-Michel Lutz : Dégager la barre rocheuse, ça permet à l'oiseau d'arriver dans de bonnes conditions sur la roche en vol.

Interview de Stéphane Ricatte, Office national des forêts

Stéphane Ricatte : Le problème qu'il y avait sur ce rocher-là, c'est qu'il y avait beaucoup d'arbres qui le cachait, qui montait très haut, des mélèzes, notamment des hêtres, mais surtout des mélèzes.

Suite interview de Jean-Michel Lutz, conservateur de la réserve (OFB)

Jean-Michel Lutz : Donc avec (avec) nos collègues de l'ONF, on a finalement pris la décision de couper (une bande), une bande d'arbres qui remette le site en valeur pour l'espèce faucon pèlerin.

Voix off :

« Dans ces actions quotidiennes de protection de la biodiversité, l'OFB peut compter sur la présence des agents de l'Office national des forêts, partenaire historique tel que défini par le plan de gestion du territoire.

L’image montre un agent de l’ONF de dos transportant un instrument de mesure des arbres.

Suite interview de Stéphane Ricatte, Office national des forêts

Stéphane Ricatte : L’ONF gère donc les deux forêts domaniales qui sont comprises dans la réserve, donc la forêt domaniale de Bouxwiller et une partie de la forêt domaniale de la Petite-Pierre Sud. Donc on intervient dans le code de la multifonctionnalité. Donc ça comprend la production de bois, l'accueil du public et puis la protection de l'environnement, biodiversité.

Voix off :

« Préserver la croissance d'espèces, limiter l'expansion d'autres invasives, c'est la mission de gestion des forêts, mais elle consiste aussi à laisser des parcelles vierges de toute action humaine ».

Suite interview de Stéphane Ricatte, Office national des forêts

Stéphane Ricatte : On est dans une zone qui est devenue un îlot de sénescence. La sénescence c'est-à-dire qu'on laisse les bois arriver jusqu'à la sénescence, la sénescence jusqu'à leur mort, l'écroulement, puis le cycle qui redémarre.
Regardez ce gros chêne-là par exemple, qui est tombé, on le laisse sur pied. Dans des forêts, dans des parcelles de production, ça, on ne le laisserait pas parce qu'une grume de chêne a de la valeur.
Celui-là, qui est sec, debout sur pied, où il y a des cavités pour les insectes, des cavités pour par exemple des pics, des chouettes et des chauves-souris. Donc en fait, contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, dans des forêts comme ça, où il y a beaucoup de bois mort, ça héberge beaucoup de vie, beaucoup de vie.

Voix off :

« Préserver et favoriser la biodiversité, c'est aussi assurer sa tranquillité. Et cela passe par une limitation des activités humaines ».

Suite interview de Jean-Michel Lutz, conservateur de la réserve (OFB)

Jean-Michel Lutz : Une des règles majeures sur la RNCFS de la Petite-Pierre, c'est de, (c'est de) ne pas sortir des sentiers balisés par le Club Vosgien et qui sont seuls ouverts à la circulation à pied. Nous sensibilisons le public au respect de la réglementation. Nous informons par exemple des photographes rencontrés dans le territoire qu'il ne faut pas quitter les sentiers ouverts à la circulation à pied. Une couvée de faucon pèlerin ne peut pas souffrir de la présence d'humains à proximité du nid. On constate également la présence de bivouac, occasionnellement aussi de feu, ce qui peut représenter un péril (pour) pour la forêt en été. C'est important de protéger parce que les menaces sont multiples.

Trois espèces d’oiseaux s’affichent successivement à l’écran : le givre draine et le héron cendré et le pic épeiche.

Jean-Michel Lutz : On parle d'une chute de la biodiversité. C'est un sanctuaire (qu’il faut) qu'il faut préserver.

Voix off :

« Site d'étude et site d'activités, site protégé mais site partagé, le travail de l'OFB et de l'ONF en partenariat avec les associations environnementales permettent à la faune, la flore et les humains de vivre en harmonie ».

Le logo de FDJ United apparaît à l’écran ainsi que le message suivant en dessous du logo : ce film est financé grâce au mécénat de FDJ United.

Les crédits apparaissent ensuite :
Dikdak
Michel Gillot, photographe animalier

La vidéo s'achève sur le logo de l'Office français de la biodiversité.

Réglementation dans la réserve

Afin de préserver la quiétude de la réserve, l’arrêté préfectoral du 1er mars 2005 réglemente différentes activités :

  • Tout acte de chasse est interdit ;
  • L’accès aux véhicules à moteur est interdit à l’exception des véhicules de l’Etat ou de secours, des gestionnaires et des propriétaires des terrains enclavés ;
  • L’accès à pied, en vélo ou à cheval est seulement autorisé de jour et sur les itinéraires balisés à cet effet ;
  • Les chiens doivent être tenus en laisse et circuler sur les sentiers balisés ;
  • Le camping et le bivouac sont interdits ;
  • L’usage de source sonore est interdit ;
  • L’allumage de feu est interdit.