En complément des projets structurants et des appels à projets recherche financés dans le cadre du plan Écophyto II+, l’Office français de la biodiversité, les ministères en charge de la transition écologique, de l’agriculture et de la santé ont lancé plusieurs appels à projets nationaux pour faire émerger des projets innovants contribuant à la réduction de l'usage et des risques des produits phytosanitaires. Le dernier dans le cadre de ce plan, l’édition 2023, a porté pour la première fois sur une thématique prioritaire.
Le plan Écophyto II+ a fixé un objectif national de réduction de 50% de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (PPP).
Pour l’atteindre, des financements sont dédiés à des projets structurants et à des projets innovants identifiés dans le cadre d’appels à projets de recherche (axe Recherche du plan) et les appels à projets nationaux (AAP) présentés ici.
Les éditions 2020 à 2022 couvraient plusieurs axes du plan, définis dans le règlement de chaque appel à projets. En 2023, une thématique prioritaire a été identifiée : la gestion alternative des adventices. Les projets sont de portée nationale ou ultramarine et intègrent un volet de transfert et diffusion des productions.
À noter : la stratégie Écophyto 2030, publiée en mai 2024, prévoit désormais le lancement d’appels à projets nationaux thématiques.
Ces appels à projets ou leurs productions intéressent chercheurs, agriculteurs, collectivités, entreprises, organisations non gouvernementales, professionnels de la biodiversité et enseignants.
AAP 2023 - Gestion alternative des adventices
Thématique prioritaire "Recours à des démarches systémiques pour une réduction de l'utilisation des herbicides et de leurs impacts, notamment sur les milieux aquatiques et les ressources en eau"
En effet, la recherche a démontré que l’approche par substitution (remplacer un produit phytopharmaceutique de synthèse par une technique alternative) est globalement insuffisante. L’approche systémique, reposant sur une combinaison de leviers, permet de concevoir des systèmes plus résilients face à des perturbations externes.
L’objectif de cette thématique prioritaire est de sélectionner des projets innovants reposant sur cette approche systémique et une combinaison de leviers. Des projets situés à proximité de captages d’eau utilisés pour la production d’eau potable et proposant de mesurer les impacts attendus et réels sur l’amélioration de la qualité de la ressource en eau sont également attendus.
23 projets retenus sur la thématique ou le plan, sur 47 dossiers déposés
- 9 projets ont été sélectionnés au titre de la thématique prioritaire.
- 14 projets lauréats répondant aux objectifs du plan Écophyto II+ et de ses différents axes.
AAP 2021-2022 - Volets 1 et 2
Budget : 5 300 000 € pour le volet 1 et 600 000 € pour le volet 2
- Le premier volet de l’AAPN 2021-2022 a ciblé des actions des 5 premiers axes du plan Écophyto II+.
- Le volet 2 s’est concentré sur les actions dans les départements et régions d’Outre-Mer.
38 projets lauréats ont été retenus, aux profils variés, permettant de couvrir un large éventail d’enjeux.
AAP 2020-2021 - Volets 1 et 2
Budget : 3 745 000 € pour le volet 1 et 1 550 000 € pour le volet 2
Le volet 1 a été lancé le 27 juillet 2020 dans l’objectif de soutenir des projets permettant de :
- faire évoluer les pratiques et les systèmes vers une sortie des produits phytopharmaceutiques, ou vers une moindre dépendance à ces produits tant dans le domaine agricole que dans le domaine des jardins, espaces végétalisés et infrastructures, en mobilisant différents leviers (itinéraires techniques alternatifs, biocontrôle, préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP)…),
- améliorer les connaissances sur les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques sur la santé et l’environnement, ainsi que sur l’exposition de la population et des opérateurs, afin de mieux les protéger.
Le second volet avait pour objectif de soutenir des projets permettant de :
- renforcer la surveillance de la contamination des denrées végétales, de l’eau, des sols et de l’air et d’évaluer les expositions potentielles des citoyen.ne.s (soutien de projets régionaux sur cette thématique),
- connaître, surveiller et réduire les effets non intentionnels liés à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques sur l’environnement (biodiversité, sol, pollinisateurs),
- accélérer le retrait des substances les plus préoccupantes (glyphosate, cuivre, les herbicides plus généralement) et de faire évoluer les procédures d’approbation,
- améliorer les connaissances et les outils pour demain et encourager la recherche et l’innovation en lien avec la réduction des usages et des impacts des produits phytopharmaceutiques (financement de projets de thèses).