L’IPBES adopte le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité

Session de travail pendant la 12e plénière de l'IPBES qui s'est tenue du 3 au 8 février 2026 à Manchester

Crédit photo : Anastasia Rodopoulou / IISD

Le 8 février 2026, le résumé pour les décideurs de la 1ère évaluation mondiale sur les liens entre entreprises et biodiversité a été approuvé et adopté par l’ensemble des pays membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

La 12e plénière de l’IPBES s’est tenue du 3 au 8 février 2026 à Manchester. À cette occasion, les 150 pays membres de ce groupe international d'experts sur la biodiversité se sont réunis pour échanger sur le « Rapport d'évaluation méthodologique sur l'impact et la dépendance des entreprises à l'égard de la biodiversité et des services écosystémiques rendus à l'humanité ».

Fruit d’un travail de 2 ans qui a mobilisé 80 experts issus de 35 pays, ce rapport scientifique de plus de 400 pages est accompagné d’un résumé pour les décideurs (Summary for policymakers) d’une cinquantaine de pages qui synthétise les principaux éléments. À l’issue de nombreuses sessions d’échanges en plénières et en groupes de travail, le résumé pour les décideurs a été adopté le 8 février à l’unanimité des délégations présentes et représentées. Il sera diffusé dans l’ensemble des langues officielles de l’IPBES (dont le français) auprès des décideurs publics et privés des États membres, des entreprises et organisations non gouvernementales.

Les messages clés

Si cette évaluation met en évidence le fait que tous les acteurs économiques, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité, ont un impact sur la biodiversité et dépendent fortement des services écosystémiques, le rapport souligne surtout que les paramètres actuels ne permettent pas de créer les conditions favorables à des actions en faveur de la biodiversité et contribuent à rendre les entreprises vulnérables aux risques systémiques.

Selon l’IPBES, les systèmes de soutiens et de sanctions sont actuellement insuffisants pour inciter les entreprises à prendre de réelles mesures pour lutter contre l’érosion de la biodiversité. En parallèle, d'importantes subventions sont accordées à des activités néfastes à la biodiversité. En 2023, les subventions publiques et les investissements privés ayant des impacts négatifs directs sur la nature étaient estimés à 7 300 milliards de dollars.

Pour créer ces conditions favorables, le rapport insiste sur la nécessité de faire évoluer les cadres politiques, juridiques et règlementaires, les systèmes économiques et financiers ainsi que les valeurs sociales et culturelles. Ces changements ne pourront aboutir qu’en accentuant les actions collectives et la collaboration entre acteurs économiques et politiques.

Cependant, de nombreux leviers d’action peuvent dès maintenant être activés par les entreprises et les institutions financières pour réduire leurs impacts sur la biodiversité. En mesurant leurs impacts et leurs dépendances et en agissant pour réduire leur contribution aux pressions sur la biodiversité, elles peuvent limiter les risques, saisir de nouvelles opportunités et améliorer leurs performances environnementales. Ces actions peuvent s’appuyer sur une gouvernance renforcée, des mesures opérationnelles adaptées, une mobilisation de l’ensemble de la chaîne de valeur et, pour les acteurs financiers, une réorientation des financements vers des activités à impacts positifs. Il est à noter que les entreprises peuvent agir sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, en amont, en aval, ainsi que bien sûr sur leurs activités propres.

Par ailleurs, les entreprises peuvent renforcer l’efficacité de leurs démarches en s’appuyant davantage sur la science, mais aussi sur les connaissances locales, traditionnelles et les pratiques éprouvées. Enfin, un enjeu majeur demeure : consolider la base de connaissances existante en comblant les lacunes, tant dans la production de savoirs que dans leur application concrète.

Le duo OFB – FRB, un atout solide pour la délégation française

Lors de cette 12e plénière, la délégation française était représentée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement, avec l’appui de la Fondation pour la recherche et la biodiversité (FRB) comme coordinateur scientifique et national.

Plus largement, la FRB héberge le secrétariat scientifique du Comité français pour l’IPBES. Cet organe de consultation tripartite, composé de représentants des organismes de recherche, des ministères et administrations publiques impliqués sur les questions de biodiversité ainsi que des représentants de la société, a pour rôle de mobiliser l’expertise française dans les travaux de l’IPBES et d’encourager le dialogue entre la science et la politique.

En tant qu’établissement public chargé de la protection de la biodiversité, l’Office français de la biodiversité était également pleinement mobilisé lors de cette 12e plénière de l’IPBES. Au sein de la délégation française, les experts missionnés par l’OFB ont apporté leurs éclairages sur de nombreux points techniques, notamment sur les outils et méthodologies disponibles, en s’attachant à ce que les messages délivrés restent clairs et accessibles pour les publics concernés.

En complément des travaux en séance, l’OFB a pu présenter aux congressistes et aux parties prenantes mobilisées lors de la journée ouverte aux acteurs de la société civile, l’outil « ACT Biodiversité », développé en partenariat entre l’ADEME et l’OFB.

À l’issue des travaux, l’OFB, en coordination avec la FRB, assurera la diffusion des messages clés auprès des entreprises et des réseaux d’entreprises ou institutions territoriales concernées, dont les Agences régionales de la biodiversité.

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