Crédit photo : Benjamin Guichard / OFB
Un trématode (ver plat) d'environ 5 cm de long a été découvert dans le foie d'un daim en Sologne. Il est probablement déjà installé parmi les cervidés de la région.
Une première en France
Forme adulte du parasite. Crédit photo : OFB
Le réseau SAGIR, qui surveille la santé de la faune sauvage, vient de détecter en Sologne un parasite jamais observé jusqu'ici dans notre pays : Fascioloides magna, aussi appelé « grande douve américaine ». Découvert dans le foie d'un daim, ce trématode est particulièrement imposant pour un parasite, puisqu'il mesure en moyenne 5 cm.
Originaire d'Amérique du Nord, il est déjà présent en Europe, où il s'est établi de façon durable en Italie et en Europe centrale. Les premières investigations menées en urgence laissent penser qu'il est déjà bien implanté parmi les cervidés de Sologne.
Comment le parasite se propage-t-il ?
Le parasite a besoin de deux types d'hôtes pour se développer. Il passe d'abord par de petits mollusques d'eau douce, les limnées, dans lesquels il se multiplie. Il infecte ensuite des cervidés, où il atteint sa forme adulte. En Europe, il s'agit principalement du cerf élaphe, du daim et du chevreuil. Le passage de l'un à l'autre dépend de la présence de zones humides adaptées, comme les étangs et les marais.
D'autres animaux peuvent être touchés, avec des conséquences très variables :
- Moutons, chèvres et mouflons : l'infestation peut être mortelle.
- Chevaux, sangliers, bovins, élans, bisons, cerfs sikas et lamas : ils sont peu affectés et ne jouent presque aucun rôle dans la poursuite du cycle du parasite.
Quels effets sur les animaux ?
Chez les cervidés, l'infestation se traduit par une prise de poids plus faible, des bois de moins bonne qualité et un rut qui se déroule mal. Les chevreuils et les daims sont les plus durement touchés, avec la mortalité la plus élevée.
Pas de risque pour l'être humain
Contrairement à d'autres douves, ce parasite ne se transmet pas à l'humain. Il ne figure pas non plus parmi les maladies réglementées par le code rural.
Une origine encore inconnue
On ignore comment le parasite est arrivé en France. Il peut se disperser par les animaux qui libèrent ses œufs dans leurs excréments, principalement les cerfs et les daims, mais aussi par les cours d'eau et les réseaux hydrographiques.
Une surveillance renforcée
Le réseau SAGIR et ses partenaires se mobilisent pour renforcer les moyens de diagnostic au sein du dispositif de surveillance de la santé de la faune sauvage. L'objectif est de surveiller le territoire et de mieux connaître la répartition du parasite en Sologne.