Les zones humides

Les zones humides rendent de multiples services mais elles restent menacées par les activités humaines. Enrayer leur déclin est aujourd’hui devenu primordial.

Les zones humides, c’est quoi ?

Comme leur nom l’indique, les zones humides sont caractérisées par la présence d’eau, qu’elle soit en surface ou dans le sol, de façon permanente ou temporaire. Ce sont des zones de transition, entre terre et eau.

Selon l’article L211-1 du Code de l’environnement, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ».

Tourbières, prairies inondées, marais, prés salés, forêts alluviales ou encore mangroves, il existe de nombreuses zones humides différentes et chacune abrite d’innombrables espèces de plantes et d’animaux.

Les travaux cartographiques les plus récents (Prélocalisation 2023) estiment que 29,5 % du territoire hexagonal est propice à la présence de zones humides. On estime que 7 % ont été urbanisés et qu’environ 3,2 millions d’hectares ont fait l’objet de drainage agricole.

À l’heure actuelle, aucun inventaire national ne permet d’évaluer de manière précise la surface couverte par les zones humides sur le territoire français, cependant 67 % de l’hexagone a fait l’objet d’inventaires terrain qui sont disponibles sur le réseau partenarial des données sur les zones humides. Les zones humides inventoriées couvrent 2 200 000 ha (Décembre 2024) ce qui représentent 5,7 % du territoire dont 3,8 % sont des surfaces agricoles. Pour ces dernières, elles sont majoritairement identifiées sur les prairies car seulement 350 000 ha sont en surfaces herbacées temporaires et autres cultures d’après le Référentiel Parcellaire Graphique.

En Outre-mer, 91 055 hectares de mangroves sont sous juridiction française. (Les zones humides en France - Synthèse des connaissances en 2021).

Tourbière du Hauts-Doubs. Crédit photo : Sébastien Lamy / OFB

Les zones humides au coeur des territoires

Dans les anciennes cartes (Cassini, Etat Major…) les noms des lieux (toponymie) nous révèlent l’appropriation de ces milieux par les populations locales. Gwern, agouets, bouillat, brière, fagne, palud, tous ces noms désignent anciennement les milieux humides et prennent leurs origines dans les langues régionales dont l'usage est souvent antérieur à celui du français comme le breton, le basque, l'alsacien, le provençal, le créole guadeloupéen…

Les zones humides, sources de multiples bienfaits

Les zones humides fournissent de multiples services utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines :

  • Rétention des eaux en période d’inondation ;
  • Préservation de la ressource en eau en période de sécheresse ;
  • Épuration de l’eau en particulier l’azote et le phosphore ;
  • Limitation de l’érosion des sols ;
  • Stockage du carbone ;
  • Régulation climatique ;
  • Fourniture de ressources naturelles (foin, bois, produits laitiers, poisson, viande, plantes médicinales…) ;
  • Réservoir de biodiversité pour de nombreuses espèces.

Au-delà de ces services, les zones humides jouent également un rôle social, culturel, patrimonial et esthétique.

Des écosystèmes toujours menacés

Selon la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), 87 % des zones humides ont disparu entre le 18e et le 20e siècle. La perte de zones humides est actuellement trois fois plus rapide que la perte de milieux forestiers.
En France, on estime que la moitié des zones humides a disparu entre les années 1960 et 1990 (Rapport d’évaluation sur les zones humides – Comité interministériel de l’évaluation des politiques publiques).

Les activités humaines sont les principales causes de disparition des milieux humides. Le ministère en charge de l’écologie classe de manière décroissante les principales menaces :

  • L’artificialisation des sols par l’urbanisation et la création d’infrastructures de transports ;
  • L’intensification de l’agriculture (drainage, pollutions, pesticides) ;
  • L’introduction d’espèces exotiques envahissantes (ragondin, jussie, baccharis, grenouille taureau…) ;
  • L’aménagement des cours d’eau et la création de plan d’eau ;
  • La déprise agricole et la plantation de peupliers et résineux ;
  • Les prélèvements excessifs d’eau.

Les zones humides sont ainsi confrontées à un nombre croissant d’activités humaines qui peuvent être de nature à les altérer ou à les faire disparaître.
En 2020, l’Évaluation nationale des sites humides emblématiques initiée par le ministère en charge de l’écologie et l'Office français de la biodiversité a étudié 223 sites humides (174 dans l’Hexagone et 49 en Outre-mer) afin de mesurer ces pressions. En moyenne, chaque site subissait les pressions de 14 activités humaines différentes. De plus, seuls 14 % de ces sites emblématiques ne sont pas touchés par la prolifération d’espèces exotiques envahissantes.

La dernière évaluation de la directive européenne Habitats-Faune-Flore pour la période 2013-2018 confirme ces résultats : seuls 6% des habitats humides sont en bon état de conservation.

Travaux de terrassement illégaux sur une zone humide. Crédit photo : Marc Le Baron / OFB

Roselière envahie par la jussie. Crédit photo : Luc Tison / OFB

Pollution d'une mangrove à Mayotte. Crédit photo : Laoumi Aboutoihi / OFB

La biodiversité des milieux humides français

À partir de ses indicateurs "Milieux humides", l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) a dressé un panorama de l’état des milieux humides français, des causes de leur dégradation ainsi que des moyens alloués pour les préserver.

Comment préserver les zones humides ?

Connaissez-vous les zones humides ?

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