Le projet européen LoupO Coexistence a été lancé début 2026, avec l’objectif de favoriser la conservation transfrontalière de la biodiversité pyrénéenne en France, en Espagne et en Andorre. Les mesures associent le suivi des populations d’ours bruns (Ursus arctos) et de loups gris (Canis lupus), la prévention des attaques sur troupeaux domestiques, et l’étude de la perception de ces espèces par la population humaine des Pyrénées.
Durée du projet : 3 ans (1/01/2026 au 31/12/2028)
Porteur(s) du projet : Universidad Autónoma de Barcelona (UAB) en Espagne
Dernière mise à jour : 17 juin 2026
Via le projet LoupO Coexistence, l'objectif global est d'identifier et comprendre les composantes techniques, écologiques et sociales en place afin de fournir aux organisations gouvernementales et aux acteurs locaux des outils pour faciliter concrètement la cohabitation entre humains et grands carnivores.
L’ours et le loup dans les Pyrénées font partie du patrimoine naturel de l’Espagne, de la France et de l’Andorre
La protection de ces deux espèces est réglementée par l’Union européenne (UE) et s’inscrit dans les objectifs de la Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, intégrée au Pacte vert pour l’Europe.
Les deux espèces ont un caractère transfrontalier :
- l’Ours brun dispose d’une population reproductrice bien implantée dans les Pyrénées centrales (Haute-Garonne, Ariège, Val d’Aran et Pallars) et d’une population reproductrice naissante dans les Pyrénées occidentales,
- tandis que le Loup gris est présent de manière occasionnelle, avec des individus dispersants détectés principalement dans le piémont pyrénéen et les Pyrénées orientales et centrales. C’est dans cette zone plus orientale du massif qu’en 2025 s’est formé le premier couple de loups s’étant reproduit avec succès, après un siècle d’absence.
Habitats montagneux de l'ours, Pyrénées centrales (J. Sentilles, OFB)
Une cohabitation difficile
Le retour de ces espèces dans les Pyrénées, naturel pour le Loup gris et appuyé par des renforcements de population pour l'Ours brun, sur des territoires de montagne marqués par les activités humaines entraîne des difficultés concrètes comme les attaques sur les troupeaux d'élevage mais aussi d'autres moins palpables (craintes, fascinations, méconnaissance sur les comportements des ours et de leurs dangerosités potentielles...), sources de tensions sociales.
Et réciproquement, les humains influencent les comportements et la survie de ces deux espèces. Ainsi, infrastructures de transport, artificialisation des sols, activités récréatives, foresterie, circulation routière... provoquent des dérangements et limitent les déplacements des individus pour se nourrir, se reposer, se reproduire. À ces pressions s'ajoutent des mortalités d'individus, d'origines humaines différentes (collisions, tirs, empoisonnements...).
Photo automatique d’un ours subadulte (18 mois). Grâce à la génétique, les poils collectés sur le piège à poils permettent de connaître le sexe et la filiation de l’individu 15/09/2020, Sentein (Ariège) (OFB, réseau Ours brun)