À la découverte des trésors cachés du bois mort

Photo d'un bois mort colonisé par des champignons lignivore dans la RNCFS de la Petite Pierre. Ils sont parmi les premiers à s'attaquer au bois mort. Ce sont des organismes xylophages : ils ont la faculté d'assimiler et de digérer la cellulose et la lignine dont est composé le bois.

Crédit photo : Philippe Massit / OFB

Le 21 mars est la journée internationale des forêts. À cette occasion, l’Office français de la biodiversité vous propose de découvrir la biodiversité discrète des forêts, mise en lumière par deux projets déployés dans la Réserve naturelle nationale de Jujols et la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre. 

Le bois mort, une ressource vitale pour la forêt

Les arbres morts ou mourants sont indispensables pour la biodiversité. Les branchages et troncs tombés au sol protègent la terre et se décomposent lentement, enrichissant l'humus et nourrissant le sol forestier. Les troncs cassés ou morts sur pied deviennent quant à eux de véritables immeubles naturels : insectes, champignons, oiseaux cavicoles (qui nichent dans les cavités) y trouvent refuge et nourriture. De très nombreuses espèces animales et végétales dépendent directement de cette présence du bois mort.
Au-delà des bénéfices indéniables pour la faune et la flore, le maintien d’arbres âgés et morts permet également de renforcer la résilience des forêts face aux bouleversements climatiques.

Pour mieux comprendre ces effets sur les écosystèmes forestiers, l’Office français de la biodiversité conduit deux projets : l’un consacré au suivi des coléoptères saproxyliques, mené dans la Réserve naturelle nationale de Jujols, l’autre portant sur la libre évolution de trois îlots boisés au sein de la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre.

Les suivis des coléoptères saproxyliques

La Réserve naturelle nationale de Jujols abrite une mosaïque de milieux variés dont des forêts de pin sylvestre et de pin à crochets riche en bois mort qui accueille des insectes saproxyliques (qui réalisent tout ou une partie de leur cycle de vie dans le bois en décomposition) d'intérêt patrimonial fort au niveau régional et national. 
Des inventaires des coléoptères forestiers de la Réserve naturelle nationale de Jujols ont été réalisés sur trois années entre 2000 et 2002, puis reconduits entre 2013 et 2017. 

Ces études ont permis de détecter la présence de trois espèces très rares ainsi que de nombreuses espèces remarquables dans la forêt de pin sylvestre.
De plus, une grande diversité a été observée pour une forêt de montagne, avec 284 espèces identifiées.

Vingt-quatre ans après la première session et neuf ans après la deuxième, une nouvelle campagne d’inventaire débutera entre avril 2026 et 2028. Menée avec la Fédération des Réserves naturelles catalanes, cogestionnaire de la réserve, elle permettra de suivre l’évolution de ces espèces dans un contexte de changements globaux et de nouveaux facteurs d'influence, tels que les périodes de sécheresse répétées au cours des dernières années. Un nouvel échantillonnage des coléoptères saproxyliques sera réalisé afin de mesurer la diversité des coléoptères liés aux vieux arbres et au bois mort. L'objectif, après trois années d’échantillonnage, est d’évaluer la valeur biologique du secteur forestier étudié et de comparer ces résultats avec ceux des précédents inventaires. 

L’étude comparative des inventaires de coléoptères forestiers permettra d’identifier des orientations de gestion favorables à la conservation de ces espèces remarquables, notamment dans le cadre de la rédaction du plan de gestion écologique 2029-2038 de la Réserve naturelle nationale de Jujols.

Laisser la forêt vivre par elle-même

Nichée au cœur des collines alsaciennes, la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de la Petite-Pierre est un joyau de biodiversité forestière composé de nombreuses espèces : hêtres, chênes sessiles, sapins et pins sylvestres.
Pour observer les dynamiques naturelles des écosystèmes forestiers, l’Office national des forêts, cogestionnaire de la réserve, et l’Office français de la biodiversité ont décidé de laisser trois îlots boisés en libre évolution. 

Comme son nom l’indique, la libre évolution, c'est le principe de laisser un espace forestier se développer sans aucune intervention humaine, en permettant aux processus naturels de suivre leur cours jusqu'à leur terme — c'est-à-dire jusqu'à l'effondrement naturel des arbres. Ces espaces sont appelés îlots de sénescence.

Concrètement, plus aucune coupe, plus aucun entretien : les arbres naissent, vieillissent, meurent et se décomposent à leur propre rythme, pendant plusieurs décennies.

Ce projet bénéficie du soutien du mécénat de FDJ UNITED. 

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