Nuages sur le mont Roraima, Monts Pacaraima, Guyane. Crédit : Pete Oxford / Minden Pictures / Biosphoto
À la COP30 puis lors de l’atelier régional de Macapá, l’OFB et le Parc amazonien de Guyane ont contribué à renforcer la coopération entre les pays du Plateau des Guyanes. Ces rencontres ont permis de consolider les partenariats, d’identifier des priorités communes et de poser les bases d’une future initiative régionale en faveur de la préservation du massif forestier.
Un side-event pour rappeler l’urgence climatique et écologique en Amazonie
Présent à Belém pour la première COP organisée au cœur de l’Amazonie, l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Parc amazonien de Guyane (PAG) ont porté un message clair : le Plateau des Guyanes, massif forestier parmi les plus intacts au monde, est stratégique pour la stabilité climatique globale et la préservation des grands carnivores tropicaux.
Lors de l’événement "Jaguars, Forêts et Coopération", coorganisé avec l’ONF Guyane, l’OFB et le Parc amazonien de Guyane ont réuni scientifiques, gestionnaires d’aires protégées et organisations spécialisées pour dresser un constat partagé :
- un massif forestier d’une richesse écologique exceptionnelle,
- des pressions qui s’intensifient (déforestation, orpaillage illégal, fragmentation, impacts climatiques),
- et la nécessité de corridors écologiques transfrontaliers, indispensables notamment pour le jaguar.
Les échanges ont fait émerger une priorité commune : développer des outils scientifiques harmonisés pour suivre les dynamiques forestières et la faune, et associer davantage les communautés locales à la gestion durable des territoires.
Des engagements concrets pour la suite
Le side-event s’est conclu par un appel collectif à renforcer la coopération régionale, en s’appuyant sur les nouveaux financements internationaux annoncés à la COP30.
Parmi les avancées majeures de cette dernière :
- la création du Tropical Forests Forever Facility, premier mécanisme financier dédié spécifiquement à la protection des forêts tropicales ;
- le triplement des financements pour l’adaptation, incluant explicitement les aires protégées et les solutions fondées sur la nature.
Pour l’OFB, cette COP a aussi permis de finaliser la nouvelle version de l’accord-cadre avec son homologue brésilien, l’ICMBio, afin de renforcer les actions conjointes : gestion des aires protégées, suivi de la biodiversité, restauration écologique, bioéconomie durable.
Macapá : un jalon décisif vers une initiative régionale structurée
Juste après la COP, l’OFB, le PAG et l’UICN ont réuni à Macapá institutions publiques, ONG, scientifiques et organisations autochtones des quatre pays du Plateau (Guyane française, Brésil, Suriname, Guyana). L’enjeu : bâtir une vision régionale partagée pour conserver la connectivité écologique et renforcer la gouvernance transfrontalière.
Les participants ont défini six axes prioritaires :
- connectivité écologique,
- gouvernance régionale inclusive,
- gestion intégrée des paysages,
- développement des connaissances scientifiques et savoirs culturels,
- restauration écologique,
- renforcement des capacités locales.
Ces travaux ont abouti à l’adoption de la Déclaration de Macapá, qui affirme la valeur universelle du Plateau des Guyanes, l’importance de la coopération transfrontalière et qui consacre le rôle central des communautés locales dans la préservation du massif.
Une dynamique structurante pour les années à venir
Les partenaires se sont engagés à poursuivre la construction d’une initiative régionale complète, intégrant l’ensemble des pays du Plateau.
Parallèlement, l’OFB et le PAG préparent avec l’ONG Panthera un futur projet "Jaguars, peuples et Forêts", destiné à renforcer la coopération scientifique et la gestion communautaire autour de l’espèce.
Un tournant pour la coopération sur le Plateau des Guyanes
De Belém à Macapá, la participation de l’OFB a permis :
- d’affirmer le rôle stratégique du Plateau dans la lutte contre les dérèglements climatiques,
- de consolider les partenariats avec les institutions brésiliennes,
- d’ouvrir l’accès à de nouveaux financements internationaux,
- et de poser les bases d’une coopération régionale plus opérationnelle, inclusive et durable.