Bilan des objets issus d'espèces protégées saisis lors de la braderie de Lille

  • Espèces

Hauts-de-France

Quatorze inspecteurs de l’OFB répartis en  trois équipes ont parcouru les kilomètres de stands de la Braderie de Lille. Leur mission : repérer les objets issus d’espèces animales protégées et vérifier qu’ils sont commercialisés dans le respect de la loi. 

Les inspecteurs ont cherché les peaux de bête, les griffes, les crânes, les coraux, les coquillages, et bien sûr, l’ivoire.

L'OFB a pour objectif d'accentuer la pression sur tous types de trafic de manière à limiter les conséquences néfastes sur la biodiversité. La mission consiste à vérifier la légalité des objets provenant d’animaux ou de végétaux bénéficiant d’un statut de protection et dont le commerce nécessite certaines autorisations.

À la Braderie, l’ivoire occupe une place particulière. En 2025, sur les 224 objets saisis par les agents, 199 étaient en ivoire d’éléphant.

Cette année le bilan s’établit à 14 procédures judiciaires et 129 objets saisis dont 57 en ivoire et une dent d’hippopotame. Les inspecteurs ont saisi également des articles de maroquinerie en peau de crocodile ou en peau de serpent (pythons), une tortue marine et des coraux.

Lorsqu’une infraction est constatée, une procédure judiciaire est engagée. L'objet est immédiatement placé sous scellés sur le stand du vendeur. La personne mise en cause sera convoquée ultérieurement pour une audition libre avec les agents de l’OFB. 

crédit photo : OFB SD 59

Les inspecteurs devant leurs saisies

crédit photo : OFB SD 59

Un agent de l'OFB contrôlant des exposants en vérifiant un objet en ivoire

Identifier une objet en ivoire demande un œil exercé. Les agents s’appuient notamment sur les stries, la taille et le poids de l’objet, mais surtout sur leur expérience du terrain.

Pour rappel, certains inspecteurs sont spécialistes dans la réglementation CITES, la convention internationale qui encadre le commerce des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. 

Si certaines espèces de faune ou de flore peuvent être vendues librement, il faut garder à l'esprit que toute activité commerciale de spécimens de faune ou de flore nécessite des autorisations. Il revient au vendeur de savoir si ce qu'il propose à la vente est autorisé ou non.

Les ventes peuvent entraîner des conséquences sur la biodiversité mondiale et le braconnage. Le raisonnement est simple : si une demande existe en Europe, elle peut contribuer à maintenir la pression sur les populations animales ailleurs dans le monde.

Le trafic d’espèces sauvages est considéré comme le quatrième trafic mondial. Il représenterait environ 20 milliards de dollars de ventes chaque année.

Depuis la création de l’OFB en 2020, ces policiers de l’environnement sont chargés de lutter contre ce type d'infractions.

Les vendeurs qui commercialisent sans autorisation des animaux appartenant à une espèce non domestique ou leurs produits s’exposent à de lourdes sanctions.

Selon le Code de l’environnement, toute activité commerciale non autorisée peut être punie de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

 

crédit photo : OFB SD 59

Le résultat des saisies avec des pièces d'ivoire et une dent d'hippopotame

Pour l'OFB, la sanction n'est pas une fin en soi, l'objectif reste la protection du monde sauvage et cela passe nécessairement par le respect des règles de protection, notamment commerciales. Chacun de nous peut être concerné, en effet, toute personne qui achète ou qui vend illégalement un spécimen ou un objet qui en est issu, contribue volontairement ou non à porter atteinte au vivant sauvage.

À la Braderie de Lille, derrière les objets anciens et les trésors d’un jour, les inspecteurs de l’environnement rappellent ainsi qu’un souvenir exotique, une sculpture en ivoire ou un simple morceau de corail peuvent avoir une histoire bien plus triste qu’il n’y paraît.

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