Chasse : l'OFB mobilisé pour une pratique sûre et durable

Un inspecteur de l'environnement contrôle un chasseur

Crédit photo : Sandra Camey / OFB

Alors que la saison de chasse 2026-2027 vient d’ouvrir, l'Office français de la biodiversité (OFB) fait le point sur ses actions avec et pour le monde cynégétique : examen du permis de chasser, sécurité, contrôles et suivi des espèces.

Sécurité : cap sur le zéro accident

Chaque année, l'OFB établit un bilan des accidents et incidents de chasse. Il repose sur l'analyse de chaque événement recensé et permet d'identifier les circonstances les plus accidentogènes. Ces enseignements servent à cibler les évolutions réglementaires, les formations et les messages de prévention, pour tendre collectivement vers le zéro accident.

Le bilan de la saison 2025-2026 recense 92 accidents de chasse, dont 4 mortels. Ces accidents concernent en grande majorité des chasseurs (89 %). Le nombre d'accidents a baissé de 49 % en vingt ans.
L'OFB a également recensé 122 incidents, c'est-à-dire des dégâts matériels (habitations, véhicules) ou des blessures d'animaux domestiques, sans blessure corporelle.
Si le nombre d’accidents a baissé de 49 % en 20 ans, le nombre d'incidents tend plutôt à augmenter.

Par ailleurs, tout au long de la saison de chasse, l'OFB contrôle le respect des règles de sécurité, pour les chasseurs comme pour les non-chasseurs.
Pour la sixième année consécutive, une opération nationale coordonnée se déroulera du 29 octobre au 14 décembre inclus. Les inspecteurs de l'environnement y intensifieront les contrôles et en profiteront pour échanger avec les chasseurs et les sensibiliser. 

Lors de l'édition précédente, 1 445 missions de contrôle ont permis de contrôler près de 10 000 chasseurs en dix-sept jours. Sur les 475 infractions relevées, 247 concernaient la sécurité des chasseurs et des non-chasseurs, comme le non-respect des mesures du schéma départemental de gestion cynégétique ou le transport d'armes non déchargées dans les véhicules. 

Permis de chasser : des candidats toujours plus nombreux

Depuis 2023, jamais autant de candidats ne se sont présentés à l'examen du permis de chasser et jamais autant de permis n'ont été délivrés que cette année. La progression est régulière sur la période.

Le nombre de sessions d'examen a augmenté de 5,4 % par rapport à l'an dernier, plus nettement que le nombre de candidats (+3,6 %). Cela traduit les efforts de l'OFB pour s'adapter à la demande et fluidifier son partenariat avec les fédérations départementales des chasseurs, ce qui contribue à réduire l'absentéisme. Le taux de réussite à l’examen reste stable : entre 71,7 % et 72,9 %.

Espèces fragiles : des prélèvements suivis et contrôlés

Avec la sécurité, le respect des quotas collectifs et des obligations de déclaration des prélèvements est l'une des priorités de la stratégie nationale de contrôle de l’Office français de la biodiversité. Il concerne les espèces en mauvais état de conservation ou soumises à gestion adaptative, comme le fuligule milouin ou la tourterelle des bois.

Cette stratégie est déclinée dans les plans de contrôle départementaux, arrêtés conjointement par les préfets et les procureurs de la République. Les contrôles sont réalisés par les agents des services départementaux de l'OFB, appuyés si nécessaire par les brigades mobiles d'intervention.

Le suivi de ces contrôles a été renforcé pour rendre compte plus précisément :

  • du nombre de chasseurs contrôlés en action de chasse sur des espèces soumises à gestion adaptative ;
  • du nombre de spécimens prélevés dans le cadre réglementaire et déclarés dans ChassAdapt ;
  • du nombre de spécimens prélevés hors cadre réglementaire, que la Fédération nationale des chasseurs ajoute ensuite dans ChassAdapt.

Ces éléments consolident les comptes rendus de prélèvements destinés aux groupes d'experts nationaux et européen. Les services opérationnels sont régulièrement informés des niveaux de prélèvement.

Chasse aux filets des colombidés : contrôler et évaluer

Le 12 février 2025, la Commission européenne a annoncé saisir la Cour de justice de l'Union européenne contre la France pour non-respect de la directive « Oiseaux » concernant la sélectivité des captures dans le cadre de la chasse aux filets des colombidés dans le Sud-Ouest. Cinq départements sont concernés : le Gers, la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. 

Selon la Cour de justice de l'Union européenne, une chasse traditionnelle est qualifiée de sélective lorsqu'elle ne fait pas ou peu de prises accidentelles, et que les éventuelles prises accessoires peuvent être relâchées rapidement et sans dommage. 

Le ministère de l'Écologie souhaite donc disposer d'une évaluation rigoureuse et documentée de la sélectivité des captures de pigeons ramiers et colombins, tant pour les dispositifs horizontaux (les « pantes ») que verticaux (les « pantières »). Dans les départements concernés, cette chasse est encadrée par plusieurs arrêtés ministériels.

Du 1er octobre au 20 novembre 2026, l'OFB poursuivra donc une double mission :

  • Police : les cinq services départementaux concernés, appuyés par la brigade mobile d'intervention Sud-Ouest, contrôleront le respect des prescriptions des arrêtés ministériels.
  • Connaissance : une étude de la sélectivité des filets sera conduite sur 50 installations, à raison de 10 par département. Elle vise notamment à déterminer la part de captures d'espèces autres que les colombidés ciblés. Pilotée par la direction de la recherche et de l'appui scientifique de l'OFB, en collaboration avec le Muséum national d'Histoire naturelle, elle associera les services départementaux. Les résultats sont attendus en 2027.

Permis à l'arc : l'OFB se prépare

L'OFB se prépare à la mise en œuvre du permis de chasse à l'arc, avec le ministère chargé de la Transition écologique et la Fédération nationale des chasseurs.
 

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