Crédit photo : Bertrand Muffat-Joly
Une enquête judiciaire menée conjointement par l'OFB et le groupement de gendarmerie des Hautes-Alpes, sous la direction du parquet de Gap, a permis de mettre au jour la destruction illégale de neuf loups. Trois personnes ont été placées sous contrôle judiciaire.
Près d'un an d'investigations minutieuses, une surveillance de terrain rigoureuse et un travail technique approfondi ont permis aux agents de l’Office français de la biodiversité et de la gendarmerie de démanteler un réseau de braconnage de loups les Hautes-Alpes.
Un signalement à l'origine de l'enquête
L'affaire débute en avril 2025, avec le signalement d'atteintes à la faune sauvage dans le nord du département. Le service départemental des Hautes-Alpes de l'OFB engage alors d'importantes mesures de surveillance et d'investigation. Les inspecteurs de l'environnement constatent notamment la présence de dispositifs de captation d'images installés à proximité d'une habitation, un indice qui oriente la suite des recherches.
Des constatations qui confirment les soupçons
Le 28 mars 2026, en observation sur le site surveillé, les inspecteurs de l'environnement de l'OFB relèvent des éléments laissant présumer qu'un loup vient d'être abattu en dehors de tout cadre légal.
Dès le lendemain matin, des perquisitions sont alors menées conjointement par l'OFB et le groupement de gendarmerie des Hautes-Alpes, cosaisis de la procédure. Elles conduisent à la découverte d'un charnier d'animaux, vraisemblablement destiné à appâter les loups, ainsi que de nombreuses armes à feu et d'un cadavre de loup.
Les investigations se poursuivent. L'exploitation du matériel téléphonique saisi révèle de nombreuses photographies d'animaux morts, en particulier de loups, et met en évidence l'implication, à des degrés divers, de plusieurs personnes.
Une opération d'ampleur et neuf loups tués illégalement
Le mardi 28 juillet 2026, des perquisitions sont réalisées simultanément aux domiciles de l'ensemble des personnes suspectées d'être impliquées. Trois individus sont placés en garde à vue, six autres sont entendus en audition libre. Les investigations permettent d'établir que neuf loups ont été tués illégalement.
À l'issue des auditions, trois individus sont présentés devant le parquet de Gap, puis devant le juge des libertés et de la détention, qui les place sous contrôle judiciaire dans l'attente d'une audience correctionnelle prévue en janvier 2027. D'autres personnes seront convoquées par convocation par officier de police judiciaire (COPJ) en vue de la même audience.
L'ensemble des mis en cause devra répondre de faits de destruction et de complicité de destruction illégale d'espèce protégée.
Le rôle de l'OFB dans la protection des espèces protégées
Le loup est une espèce protégée au titre de la convention de Berne. Sa destruction ou sa capture en dehors des dérogations prévues par la réglementation constituent un délit.
Cette opération illustre l'engagement constant des inspecteurs de l'environnement de l'OFB dans la lutte contre les atteintes à la biodiversité, en lien étroit avec les parquets et les forces de gendarmerie. Le braconnage d'espèces protégées, loin d'être un fait divers isolé, fait l'objet d'un suivi rigoureux et de poursuites pénales à la hauteur de la gravité de ces atteintes à la faune sauvage.
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