Une louve capturée accidentellement en Normandie et suivie par GPS a été prélevée dans les Alpes-de-Haute-Provence

Agent de l'OFB vérifiant différents critères permettant l'identification d'un loup suite à une image réalisée au piège photo.

Agent de l'OFB vérifiant différents critères permettant l'identification d'un loup suite à une image réalisée au piège photo (photo d'illustration). Crédit photo : Bertrand Muffat-Joly / OFB

Remise en liberté le 14 mai 2026 dans la Drôme suite à sa capture accidentelle en Seine-Maritime, une louve équipée d'un collier GPS a été prélevée dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026 à La Bréole (Alpes-de-Haute-Provence), dans le cadre légal d'un tir de défense. L'analyse des données de ces deux mois de suivi par l'Office français de la biodiversité a permis de retracer précisément les déplacements et le comportement de cet animal.

Un prélèvement intervenu dans le cadre d’un tir de défense

Il s'agissait d'une femelle capturée accidentellement le 10 mai 2026 en Seine-Maritime, puis remise en liberté quatre jours plus tard dans la Drôme. Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet 2026, vers 23h30, l'animal a été abattu par un Lieutenant de Louveterie à La Bréole (04), dans le cadre d'un tir de défense. Au moment des faits, la louve évoluait à proximité d'un troupeau ovin et était accompagnée d'un second loup, qu'elle suivait depuis plusieurs jours.

Un suivi scientifique de près de deux mois, qui enrichit la connaissance de l'espèce

Dès sa remise en liberté, la louve a fait l'objet d'un suivi par géolocalisation. L'équipement utilisé, dont l’objectif est de localiser l’animal et de transmettre ces informations à distance, active périodiquement son récepteur selon une programmation définie. Il calcule la position avec une précision généralement comprise entre 8 et 15 mètres. Les positions sont enregistrées dans la mémoire interne du collier puis transmises en lots via le système Iridium. Si la couverture forestière et le relief peuvent constituer des barrières temporaires, l’analyse du collier a posteriori a permis de récupérer l’ensemble des localisations manquantes.

Les données recueillies pendant ces deux mois ont documenté avec précision ses déplacements

Au cours de son périple, cette louve a parcouru près de 634 kilomètres en 65 jours (selon les données fournies par le collier GPS). Elle a ainsi fréquenté des milieux très variés, depuis les pelouses alpines jusqu’aux rives de la Durance, entre 2 400 et 600 mètres d’altitude.

Au-delà du cas individuel de cette louve, ce suivi scientifique illustre l'intérêt des dispositifs de géolocalisation mis en œuvre par l'OFB. Il contribue à améliorer la connaissance des déplacements et du comportement du loup, une information précieuse pour l'ensemble des acteurs concernés par la gestion de cette espèce protégée et par la coexistence avec les activités d'élevage et les autres activités humaines.

Durée : 2 min 24 sec

Vidéo Vimeo [Déplacements de la louve accidentellement capturée en Normandie]

Déplacements de la louve accidentellement capturée en Normandie puis relâchée dans l'arc alpin sur décision gouvernementale. Données obtenues à l'aide du collier GPS-GSM. Selon les données GPS, cette louve a parcouru près de 634 kilomètres en 65 jours, depuis les pelouses alpines jusqu’aux rives de la Durance.

Un loup sauvage confirmé par les analyses génétiques

Les analyses génétiques menées sur cet individu apportent des éléments particulièrement intéressants. Elles montrent que cette louve est issue d'un croisement entre la population de loups italo-alpine et la population lupine germano-polonaise. Ces résultats confirment qu'il ne s'agit en aucun cas d'un hybride avec le chien domestique, mais bien d'un loup sauvage appartenant à l'espèce Canis lupus lupus.

Des agents ont également été missionnés pour suivre ponctuellement sur le terrain les sites de prédation identifiés à l’aide des données transmises par le collier (concentrations de localisations démontrant une activité de repos ou de consommation de proie). De manière non exhaustive, ont été identifiés : 7 clusters avec chevreuil, 1 avec chamois, 1 avec cerf (faon de l’année), 1 avec sanglier (juvénile), 1 avec renard et 1 avec ovin domestique (en lien avec le constat de dommage ci-dessous).

Une louve possiblement impliquée dans un dommage

La louve semblait s’être fixée depuis le 6 juin sur le territoire où elle a été abattue. Son parcours démontre qu’elle a fréquenté des massifs qui connaissent un pastoralisme important (Trièves, Dévoluy, Sisteronnais, Vallée de la Blanche…) sans pour autant générer de prédations sur les troupeaux domestiques, particulièrement protégés sur ces territoires. Ces derniers jours, elle effectuait des passages réguliers à proximité d’un élevage de chèvres comportant des mesures de protection efficaces, sans aucune prédation à déplorer, et n’était associée à aucun constat de dommage avant le dossier déclaré par un éleveur le 16 juillet au matin.

Toutefois, cette louve est possiblement impliquée dans une prédation survenue sur un troupeau d’ovins sur la commune de la Bréole, juste avant son tir. Ce troupeau était en milieu forestier avec un parc de contention standard sans chien de protection au moment du dommage déclaré.

Une autopsie vient d’être réalisée sur cet animal par un laboratoire d’analyses. La louve était en parfait état physique et ne s’est jamais reproduit. Son contenu stomacal comportait des restes de proies sauvages.

Les dernières actualités

Toutes les actualités

Toutes les actualités

Accédez à notre espace presse