Outre-mer : l’OFB mobilisé contre le trafic d’espèces

De agents de l'OFB, des douanes, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale prennent la poste dans un aéroport dans le cadre de l'opération Mission Outre-mer Wildlife Alert (MOWA).

Crédit photo : Raphaël Trunckenwald

Le 17 mai 2026, l'Office français de la biodiversité plusieurs dizaines d’inspecteurs de l'environnement étaient déployés dans six territoires ultramarins dans le cadre de la deuxième édition de l'opération Mission Outre-mer Wildlife Alert (MOWA).

Une opération d'envergure nationale contre le commerce illégal d'espèces

L'opération MOWA vise à détecter et prévenir les trafics d’espèces en Outre-mer en menant des contrôles dans les aéroports et les ports. Cette deuxième campagne a mobilisé les inspecteurs de l'environnement de l'OFB en Guyane, Martinique, Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon, La Réunion et Mayotte, en lien étroit avec les services des Douanes, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale.

Ces contrôles s'appuient sur plusieurs cadres réglementaires : la Convention CITES sur le commerce international des espèces menacées, la réglementation sur les espèces exotiques envahissantes, et celle relative aux espèces protégées.

Des espèces ciblées selon les spécificités de chaque territoire

Les spécimens recherchés varient selon les zones géographiques :

  • Océan Indien : œufs de psittacidés, viande de requin ou de dauphin, coraux, bois de palissandre ;
  • Antilles et Guyane : faune sauvage vivante prélevée en milieu naturel (reptiles, arachnides, perroquets) ;
  • Saint-Pierre-et-Miquelon : produits de chasse d'origine canadienne et produits de la mer.

Des résultats concrets sur le terrain

Durant cette opération, environ 900 personnes, 40 véhicules et 30 pirogues ont été contrôlés. Ces contrôles ont abouti à 9 procès-verbaux et plusieurs saisies : un requin entier, 12 kg de viande de requin, plusieurs kilos de langouste et de lambi, de la viande de brousse, des végétaux et un tenrec. Une personne a par ailleurs été placée en garde à vue pour détention d'une arme de poing.

À noter, l'utilisation d'un drone (ULAM) sur un port en Guadeloupe a démontré toute son efficacité, permettant de déboucher sur une affaire significative impliquant des infractions CITES, des stupéfiants et une arme de poing.

Une coordination interservices au cœur du dispositif

Au-delà des résultats opérationnels, MOWA remplit également une mission de structuration des partenariats locaux. L'opération offre aux agents des différents services l'occasion de se rencontrer, d'échanger sur leurs méthodes de travail et de renforcer la complémentarité de leurs missions.

Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, il s'agissait d'un premier exercice conjoint avec les services des Douanes. Cette collaboration a été jugée si positive que les équipes ont d'ores et déjà prévu de se retrouver lors des opérations « Thunder » organisées par la Douane en septembre prochain.

Un enjeu mondial pour la biodiversité

Le commerce illégal d'espèces sauvages représente environ 20 milliards de dollars par an selon Interpol. Il contribue à l'épuisement, voire à l'extinction d'espèces, et favorise l'émergence de zoonoses. Face à cet enjeu, MOWA illustre la capacité de l'OFB et de ses partenaires à se mobiliser collectivement, à l'échelle nationale comme internationale, pour la protection de la biodiversité.

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