Améliorer le statut de conservation de sept espèces de reptiles classées en danger (EN) ou en danger critique d’extinction (CR) sur les îles de l’archipel guadeloupéen, de Saint Martin et Saint Barthélemy : telle est l’ambition du projet Life Rept’Islands. Il est structuré autour de deux objectifs opérationnels : lutter contre les pressions exercées par les espèces introduites (chèvres, chats, poules et rats) et protéger les reptiles et leurs habitats.
Durée du projet : 1er/09/2026 au 1er/09/2031
Porteur(s) du projet : Office français de la biodiversité (OFB)
Dernière mise à jour : 16 juillet 2026
Les 7 reptiles concernés, des couleuvres (serpents non venimeux) et des lézards, ont subi une forte régression de leurs effectifs et répartition. Leur endémisme entraîne une forte vulnérabilité face aux différentes menaces rencontrées.
Le projet associe des travaux d'études scientifiques à des mesures de gestion, incluant la mobilisation des habitants. Il répond notamment aux objectifs du plan national d’actions en faveur des Scinques Couresses et Geckos de Guadeloupe et Saint Martin qui a reçu un avis favorable du Conseil national de protection de la nature (CNPN) le 17 avril 2025.
Urgence pour la conservation des reptiles dans les Antilles françaises
La situation critique des reptiles appelle une action immédiate, au niveau mondial et surtout dans les territoires insulaires tropicaux comme les Antilles françaises. Or dans les îles, les reptiles ont des rôles écologiques particulièrement importants pour le fonctionnement des écosystèmes, par leur action de pollinisation et dispersion de graines (Valido et Olesen, 2019 ; Nogales et al., 2024).
Les reptiles visés par le projet : éléments d'écologie et évolution des populations
Les reptiles visés par ce projet en termes de conservation utilisent principalement des habitats constitués de forêt xérophile (pauvre en eau) et de forêt littorale.
Les menaces existantes sur les espèces et leur milieu
À l’échelle mondiale, les reptiles sont confrontés à un ensemble de menaces majeures, comparables à celles affectant les autres vertébrés en danger d’extinction : perte et dégradation des habitats naturels sous l’effet de la déforestation, urbanisation croissante, expansion agricole, pollutions, prélèvements directs et espèces exotiques envahissantes (EEE).
Ces espèces insulaires ont évolué pendant des millénaires dans un contexte clos, adaptées étroitement à des milieux aujourd’hui déstabilisés. Elles sont ainsi particulièrement sensibles à toute pression et notamment : les modifications des écosystèmes par l'arrivée d'espèces introduites, la diminution des habitats dont elles ont besoin pour s'abriter ou se nourrir, ou si elles sont tuées par les humains. Les reptiles des îles des Caraïbes sont particulièrement vulnérables à ces invasions (Marino et al., octobre 2024).
De plus, notre méconnaissance de leur écologie limite le degré de spécificité des mesures de gestion et peut donc diminuer leur efficacité.
Les sites pilotes
- Saint-Martin : îlet Tintamarre
- Saint Barthélemy : Morne Grand-Fond
- Archipel de La Guadeloupe, incluant :
- La Guadeloupe continentale,
- L’ilet Kahouanne,
- L’archipel des Saintes : Terre-de-Haut et ses îlets (Cabrit, La Coche, Grand îlet) et Terre-de-Bas avec ses îlets Augustin et Paté,
- Petite-Terre : îlets de Terre de Haut et Terre de Bas,
- La Désirade
Ces territoires, bien qu’identifiés comme prioritaires pour la conservation de la biodiversité, présentent une spécificité juridique importante : en tant que régions ultrapériphériques (RUP) françaises, ils ne sont pas couverts par la directive Habitats-faune-flore (DHFF). Cette exclusion constitue un frein à la mobilisation directe de certains outils européens de conservation tels que le réseau Natura 2000.
Toutefois, plusieurs de ces sites bénéficient d’un cadre de protection réglementaire à l’échelle nationale. Certains sont classés en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), et d’autres relèvent de statuts de protection spécifiques : réserves naturelles nationales (RNN), arrêtés de protection de biotope, sites du Conservatoire du littoral, cœur de Parc national.
Mettre en place un projet Life permet de combler les lacunes de protection européenne via des actions concrètes de conservation fondées sur des données scientifiques robustes, dans des écosystèmes insulaires très vulnérables et uniques au sein de l’Union européenne.
Contacts
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Marie Robert
Ingénieure connaissance biodiversité des Antilles françaises