Parc national de Biogradska gora, Monténégro. Crédit photo : Les blairoudeurs
De mai à juillet 2026, quatre jeunes naturalistes français ont parcouru les Alpes dinariques, du sud de l’Albanie à la Bosnie-Herzégovine en passant par le Monténégro, afin d’améliorer les connaissances sur la biodiversité des zones humides de montagne. Soutenue techniquement et financièrement par l’Office français de la biodiversité, la Mission Dinara a permis de collecter plus de 2 400 données naturalistes et de recenser 812 espèces.
Pendant deux mois et demi, trois étudiantes et étudiants d’AgroParisTech et membres de la Fédération Blairoudeurs, accompagnés d’un photographe animalier, ont sillonné les montagnes des Balkans occidentaux à la recherche de zones humides encore insuffisamment documentées.
L’objectif de l’expédition : mieux connaître la biodiversité de ces écosystèmes montagnards grâce à des inventaires portant sur cinq grands groupes taxonomiques : les plantes vasculaires, les odonates (libellules et demoiselles), les rhopalocères (papillons de jour), les oiseaux et les chiroptères.
Pour atteindre leurs sites d’étude, les quatre naturalistes ont parcouru plus de 300 kilomètres à pied et près de 15 000 mètres de dénivelé. Au total, 28 zones humides réparties sur 12 sites ont été étudiées, parmi lesquelles des lacs, torrents, canyons et tourbières.
La mission a également été l’occasion de rencontrer et d’échanger avec une dizaine de chercheuses et chercheurs locaux, favorisant le partage de connaissances et de compétences autour des milieux étudiés.
812 espèces recensées et des observations remarquables
Au total, les prospections ont permis de recueillir 2 456 données naturalistes concernant 812 espèces, dont plusieurs remarquables, rares et/ou protégées.
Parmi les observations remarquables figurent notamment l’Isopyre faux-pigamon (Isopyrum thalictroides), une plante observée pour la première fois en Albanie, ou encore le Rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale), une espèce de chauve-souris rare et menacée en Europe, observée pour la première fois dans la partie sud de la Bosnie-Herzégovine.
Ces résultats contribuent à combler certaines lacunes de connaissance sur des territoires encore peu étudiés et parfois difficiles d’accès. Les données collectées ont ainsi vocation à être partagées avec les chercheuses et chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, parcs nationaux et gouvernements concernés, ainsi qu’à alimenter des bases de données naturalistes locales et internationales.
Au-delà des inventaires, la Mission Dinara a ainsi permis de renforcer les échanges scientifiques avec les acteurs de la biodiversité des trois pays traversés.
De la connaissance à la sensibilisation
Après la phase de terrain, le projet se poursuit désormais par un travail de valorisation et de sensibilisation autour des résultats de l’expédition et de la richesse des zones humides de montagne.
Photographies, enregistrements sonores et témoignages serviront de supports à des expositions, conférences et interventions auprès du grand public et des scolaires dans les prochains mois, en France.
À travers ces actions, l’équipe souhaite faire découvrir les écosystèmes des Alpes dinariques, partager son expérience de terrain et sensibiliser un large public à l’importance de mieux connaître et préserver les zones humides.
La Mission Dinara est ainsi ouverte aux collaborations avec les structures souhaitant accueillir ou contribuer à ces actions de valorisation et de sensibilisation.
L’OFB partenaire de la Mission Dinara
L’Office français de la biodiversité a apporté à la Mission Dinara un soutien technique ainsi qu’une contribution financière de 3 000 euros.
Cet accompagnement participe au soutien de jeunes naturalistes engagés dans des projets d’acquisition et de diffusion des connaissances sur la biodiversité, tout en favorisant les collaborations avec les acteurs scientifiques et de la conservation à l’échelle européenne.
La Mission Dinara bénéficie également du soutien de la Fondation AgroParisTech, d’EY dans le cadre du Prix des Assos - catégorie « Pour la Planète », d’Asellia Ecologie, ainsi que de donatrices et donateurs privés mobilisés dans le cadre d’un financement participatif.
Une expédition portée par les Blairoudeurs
Créée en 2020, la Fédération Blairoudeurs rassemble des jeunes engagés dans la connaissance et la préservation de la biodiversité. Plus de 500 étudiantes et étudiants ont rejoint ses différentes antennes en France depuis sa création.
L’association développe l’apprentissage du naturalisme par la pratique, les projets scientifiques de terrain et les actions de sensibilisation. Après plusieurs expéditions naturalistes, dont la Mission Lavia en Afrique de l’Ouest en 2024 également soutenue par l’OFB, la Mission Dinara prolonge cette dynamique en associant engagement de la jeunesse, production de connaissances et coopération avec les acteurs engagés pour la biodiversité au niveau local.