Le projet "Sites de démonstration" a été conçu afin de combler le manque de connaissances robustes et traçables sur les effets des opérations de restauration hydromorphologique en cours d’eau. Depuis 2010, un réseau d’environ 60 d’opérations font l’objet d’un suivi standardisé, en France hexagonale pour l'instant. Le suivi scientifique minimal (SSM) permet d’acquérir sur le long-terme des données comparables et reproductibles à grande échelle.

Une dynamique de restauration favorable face à un manque de données de suivi

Les cours d'eau de l'Hexagone ont été largement altérés au cours de l'Histoire. La restauration hydromorphologique des cours d'eau doit permettre de rétablir les caractéristiques physiques et dynamiques de ces milieux. 
La directive cadre sur l’eau (2000) a pour objectif de contribuer à l’atteinte du bon état des masses d’eau. Elle a permis de lancer et de maintenir une dynamique autour de la restauration des milieux aquatiques, en synergie avec plusieurs politiques publiques françaises, telles que le plan d’action pour la restauration de la continuité écologique, la Stratégie nationale pour la biodiversité ou la directive inondation. Cette dynamique est également renforcée par le règlement européen sur la restauration de la nature adopté en 2024.

La multiplication des opérations de restauration et les travaux scientifiques (en France et à l'étranger) étudiant leur efficacité montrent des effets globalement positifs sur certains indicateurs biologiques (ex: abondance et diversité des espèces), mais ces réponses sont variables. Ces études ont notamment révélé qu'en termes de restauration hydromorphologique des cours d’eau, les suivis d’opérations sont souvent peu ou mal mis en œuvre : mauvaise construction du suivi, absence d’état initial, durée limitée.

Travaux de remise en eau d’anciens méandres de l'Echandon afin de restaurer ses fonctions hydrobiologiques (Michel Bramard, 2018, OFB)

Un réseau de sites de "démonstration", au suivi scientifique conçu pour obtenir des données exploitables

En réponse à ce manque, le projet de réseau de sites de démonstration a été conçu pour produire des éléments de connaissance, via l'acquisition sur le long-terme des données homogènes et traçables. Il s'agit de mettre en œuvre un suivi standardisé : le suivi scientifique minimal (SSM) sur tout un réseau de sites d’opérations de restauration hydromorphologique.

  • Les suivis sont réalisés sur au moins trois compartiments, obligatoires pour intégrer le réseau de sites de démonstration : l’hydromorphologie (via le protocole Carhyce), l’hydrobiologie (poissons, macroinvertébrés, diatomées et macrophytes) ainsi que la physico-chimie (suivi température). 
    Le guide préconise également d’autres suivis, notamment sur des compartiments tels que l’hydrologie ou la piézométrie.
  • Le design BACI (Before After Control Impact) est appliqué. Ainsi, une première phase de suivis est réalisée avant travaux pour un état initial, puis les protocoles du SSM sont réalisés tous les deux ans, sur minimum 7 ans après travaux.
  • Enfin, deux stations témoins sont définies pour distinguer les effets dus aux travaux de l’évolution naturelle du cours d’eau. 

Des connaissances aux mesures techniques : des objectifs complémentaires

Dans le cadre du projet, les travaux du réseau portent sur deux domaines interdépendants :

  • scientifique : tirer des enseignements scientifiques extrapolables, améliorer la connaissance notamment sur le fonctionnement des milieux à l’échelle locale et nationale,
  • opérationnel : prévoir l’efficacité de l’opération de restauration, être en capacité de communiquer à partir de retours d’expérience mieux documentés, tirer des enseignements sur les techniques de génie écologique, contribuer à l’élaboration de stratégies de suivis adaptés aux enjeux locaux.

Aujourd’hui, une soixantaine de sites font partie du réseau des Sites de démonstration répartis en France hexagonale.

À venir : une cartographie dynamique proposant les informations et divers documents (communication, rapport d’analyses, etc.) produits pour chaque site de démonstration.

Quels sites peuvent intégrer le réseau et comment candidater ?

Les sites pouvant se porter candidats à l’intégration dans le réseau doivent correspondre aux critères suivants :

  • cours d’eau d’au moins 1 m de largeur plein bord naturelle, prospectable à pied en situation non altérée, qui présente des altérations au sens de la directive cadre sur l’Eau,
  • ambition de linéaire restauré : 50 fois la largeur plein bord ou au moins 300 mètres pour une largeur plein bord supérieure à 6 m,
  • ambition des objectifs de restauration : à minima des objectifs biologiques et hydromorphologiques,
  • un des 7 types de travaux éligibles : reméandrage, effacement total ou partiel d’ouvrage transversal, contournement de plans d’eau, remise dans le talweg, modification de la géométrie du lit mineur ou moyen, suppression de contraintes latérales ou reconstitution du matelas alluvial,
  • mise en œuvre et l’application stricte du SSM sur le compartiment hydromorphologique et au moins un compartiment biologique, en suivant le design BACI avec un état initial et 7 ans après travaux sur la station restaurée et la ou les station(s) témoin(s),
  • déclaration (Sandre) et bancarisation des données (bases de données nationales, bassin…).

Comment intégrer le réseau ?

L’intégration en tant que site candidat au réseau s’effectue après consultation du projet par le groupe de travail de votre territoire. 

Pour connaître vos interlocuteurs, veuillez prendre contact par mail : suivi.restauration@ofb.gouv.fr .

Ressources et actualités

Les publications méthodologiques

    • Guide pour l'élaboration de suivis d'opérations de restauration hydromorphologique en cours d'eau

      • Guides et protocoles

      Ce guide s’inscrit dans le cadre du projet de « Suivi scientifique minimal ». Structuré en 3 parties, il propose des préconisations de suivi dans le cadre d'opérations de restauration hydromorphologique en cours d'eau. Le suivi proposé peut être mis en place sur des cours d'eau permanents, de largeur mouillée d'au moins 1 m et prospectables à pied (hors emprise d'une retenue). Ces restrictions sont liées aux limites d'application des protocoles.

    • Suivi scientifique minimal des opérations de restauration hydromorphologique

      • Restauration écologique
      • Connaissances, données & diagnostics

      La démarche de suivi scientifique minimal (SSM) propose un cadre commun d’élaboration, de mise en œuvre, d’analyse et d’interprétation des suivis écologiques des opérations de restauration pur les gestionnaires de milieux aquatiques, maîtres d’ouvrages et bureaux d’études.

    Journées d'échanges techniques : les restitutions et ressources

      Présentations du réseau et du SSM en vidéo

      Aller plus loin