Crédit photo : Office français de la biodiversité
Le 9 juin 2026, dans le cadre de la Rencontre des maires pour la biodiversité des Antilles, 26 élus de Martinique et des Îles de Guadeloupe ont signé la Déclaration des Antilles. Ce texte formalise une position commune des collectivités antillaises signataires en faveur de la biodiversité et du patrimoine naturel.
Une réponse aux incertitudes sur les financements européens
La Déclaration des Antilles est née de la nécessité de faire entendre une voix commune dans les discussions relatives au futur budget de l’Union européenne 2028-2034 qui font peser des incertitudes sur les financements européens dédiés aux régions ultramarines. En s'appuyant sur les résultats concrets en faveur de la biodiversité obtenus dans les Antilles, les élus ont souhaité transformer ce constat en un texte d'engagement collectif, capable de peser dans les négociations à venir tout en fixant une feuille de route pour leurs propres territoires.
Une construction portée par les élus eux-mêmes
La Déclaration des Antilles est le fruit d'un véritable travail collectif mené selon un format inspiré des commissions d'enquête parlementaires. Réunis en douze groupes de travail thématiques, les élus ont auditionné des experts avant de formuler les propositions qui ont directement nourri la rédaction du texte. Cette méthode participative, où les élus ont bénéficié de l’éclairage de spécialistes sur les questions qu’ils se posaient avant de rédiger des propositions, a largement contribué à la légitimité du document final. Il est perçu par les signataires comme le résultat d'un travail collectif, et non comme un texte préétabli qu'il aurait suffi d'entériner.
Un texte structuré autour d'engagements concrets
La Déclaration des Antilles se compose de vingt-et-un articles couvrant un large spectre d'engagements. Le texte aborde des enjeux propres au contexte insulaire antillais, comme le renforcement de la biosécurité face aux espèces exotiques envahissantes, la coopération scientifique et culturelle avec les autres îles de la Caraïbe, ou encore la prise en compte de la pollution lumineuse dans les projets d'aménagement. Une large place est donnée à l'intégration de la biodiversité dans les documents d'urbanisme, avec des engagements sur la préservation des zones humides, le recours aux solutions fondées sur la nature pour la gestion des risques naturels, ou la végétalisation des centres urbains.
Le texte porte enfin des engagements plus sociétaux, autour de la sensibilisation aux dépôts de déchets, de la valorisation des déchets, de la préservation de la qualité des eaux de baignade et de la transmission des savoirs traditionnels liés à la nature.
Une feuille de route pour les six prochaines années
Au-delà de son caractère symbolique, la Déclaration des Antilles constitue une feuille de route pour les six années du mandat municipal. Les collectivités signataires se sont notamment engagées à conduire au moins un projet concret de restauration ou de conservation de la biodiversité sur leur territoire et à désigner un agent référent biodiversité.
Elle sera transmise aux institutions européennes compétentes afin d'alimenter les travaux sur le futur budget de l’Union européenne et de servir de support de plaidoyer dans les échéances à venir concernant les politiques européennes en faveur des régions ultramarines.
Si le nombre de signataires obtenu constitue un résultat positif, il reste inférieur au potentiel de mobilisation initialement envisagé. Un travail de suivi est d’ores et déjà mené pour recueillir des adhésions complémentaires.
La Rencontre des maires pour la biodiversité des Antilles
Dans le cadre du programme LIFE BIODIV’France, la Délégation territoriale Antilles de l’Office français de la biodiversité a organisé la première « Rencontre des maires pour la biodiversité des Antilles ». Cet évènement qui s’est déroulé les 8 et 9 juin 2026 en Guadeloupe, a permis de réunir près de 150 participants avec l’ambition de créer un espace d’échanges et de mobilisation autour des enjeux de biodiversité propres aux territoires antillais.
Au programme : visites de terrain, tables rondes sur les espèces exotiques envahissantes et la restauration écologique, présentation du projet LIFE REPT'ISLAND, et mise à l'honneur des dix-sept projets lauréats du second appel à projets BESTLIFE2030 dans les Antilles.