Amnésie environnementale et (re)connexion à la nature - Journées d’échanges techniques

Image de décoration - visuel de l'évèvement : titre, date, et image de paysage détourée en forme de tete humaine dont des cercles partent de l'arrière de la tête

L’amnésie environnementale et la diminution des expériences de nature peuvent expliquer en partie notre difficulté à nous mobiliser face aux enjeux de biodiversité. Cette journée d’échanges a pour objectif de mettre en lumière des solutions opérationnelles pour lutter contre cette amnésie et ses effets, et reconnecter chacun à la nature.

À qui s’adresse cet événement ?

  • Professionnels de la biodiversité
  • Scolaires & enseignants
  • Chercheurs
  • Citoyens
  • Collectivités
  • Organisations non gouvernementales
  • Professionnels & usagers de la mer

Amnésie environnementale : de quoi s'agit-il ?

L’amnésie environnementale recouvre l’idée qu’au fil des générations, nous "oublions" un contexte de vie dans lequel la nature était davantage présente.

Plus précisément, chaque individu construirait sa relation au monde à partir des expériences de son enfance. Ainsi, les générations qui se succèdent construisent leurs représentations du bon état de la nature sur des référentiels différents.

En France, l’enquête "les Français et la nature" a montré que les rapports à la nature diffèrent entre générations et qu’ils sont liés au cadre de vie des individus durant leur enfance (en savoir plus sur les résultats).

" Nous détruisons la nature, mais nous ne prenons jamais pleinement conscience de l’ampleur des dégâts, parce que nous nous référons à une nature que nous avons connue lorsque nous étions enfants " (Kahn, 2002)

L'amnésie environnementale accentuée par une diminution des expériences de nature dans nos sociétés occidentales (Pyle, 1978)

  • Plusieurs études réalisées en Europe, aux États-Unis et au Japon montrent que, en moyenne, la fréquentation des espaces de nature par les enfants diminue drastiquement d'une génération à l'autre (Soga et Gaston 2016).
  • Or, le contact avec la nature encourage les émotions, attitudes et comportements positifs envers l’environnement (Fleury et Prévot, 2020).
  • Par ailleurs, la fragmentation et la rareté des expériences peuvent, dans certains cas, accroître notre méconnaissance des mécanismes adaptatifs de la nature, diminuer notre sentiment d’appartenance à la nature et amplifier l’amnésie environnementale et ses effets.

Transformer des freins en moteurs ?

L’amnésie environnementale et la diminution des expériences de nature peuvent ainsi expliquer en partie notre difficulté à nous mobiliser face aux enjeux de biodiversité (Papworth et al., 2009) et à construire des récits alternatifs au récit dominant, freinant ainsi l’activation des changements transformateurs nécessaires pour inverser la tendance à l’érosion de la biodiversité.

Elle peut cependant constituer le moteur de l’émergence d’un désir et de démarches individuelles et collectives de reconnexion et de réappropriation (Fleury et Prévot, 2017), démarches souvent fragiles et localisées, dans des conditions qui restent à éclairer et partager. C'est l'objectif de cette journée d'échanges techniques.

Différents exemples comme matière de travail et d'échange afin de dégager des solutions

Des initiatives qui mobilisent conjointement des leviers précis

  • La construction, la transmission et l’appropriation de récits historiques et/ou prospectifs qui permettent de susciter une mémoire collective et intergénérationnelle sur l’état du vivant, ses dynamiques et le rapport que nous entretenons avec celui-ci.
  • La reconnexion à la nature à travers des expériences vécues et sensorielles avec la nature, pour recréer du lien entre vivants (humains et autres qu’humains).

Des projets de différentes natures

  • Études scientifiques et enquêtes sur l’amnésie environnementale et les leviers pour la dépasser
  • Démarches retraçant l’état passé du vivant, ses dynamiques ou de nos relations avec ce vivant (archives, ouvrage, recueil de témoignages...)
  • Initiatives ayant mobilisé la construction de récits historiques et/ou prospectifs ou la transmission de mémoire dans un objectif de mobilisation pour la protection de la biodiversité (par exemple dans le cadre de projets de reconnexion à la nature ciblant des citoyens, des enfants, des salariés, des décideurs publics... ou de restauration d’un espace naturel).

Des visites de cas appliqués sur une journée illustrant la thématique étaient également proposées entre avril et juin.

Des ressources seront produites et disponibles suite aux échanges

  • Directement suite à la journée : captations vidéo et supports d'interventions
  • Productions prévues : note techniques, fiches retours d'expérience sur les sorties de terrain, boîte à ressources et article dans la revue Biodiversité, des clés pour agir de l'OFB.

Des ressources au programme : interventions en vidéo et supports

Accueil et conférence introductive

Session 1 - Dynamiques paysagères et cadre de vie : enjeux de mémoire et enjeu prospectif

Animation : Caroline Guittet (Observatoire de l’environnement en Bretagne) [Vidéo 49:15-1:56:00]

Proposition d’une visite de terrain en Val d’Allier (03) par Estelle COURNEZ (Conservatoire d'Espaces Naturels Allier)

Session 2 - Santé et biodiversité : se connecter au vivant pour favoriser le bien-être et la santé

Animation : Laurent Germain (OFB) [Vidéo 2:08:23-3:20:50]

Visite de terrain

Prise de hauteur [Vidéo 3:21:15]

Session 3 - Favoriser et partager les expériences de nature pour faire évoluer le rapport individuel et sensible au vivant  [Vidéo 4:01:23]

Animation : Charlène Kermagoret (OFB)

Visites de terrain

Conclusion et perspectives [Vidéo 5:15:50]

Des professionnels ou curieux d'horizons divers

Une journée ouverte à tous avec une sensibilité pour certaines cibles

Ce sujet peut particulièrement toucher un panel varié de prime abord mais concerné par cette problématique.

  • Responsables de projets de mobilisation citoyenne (éducation à l’environnement, projets artistiques en lien avec la nature, médiation scientifique et territoriale, etc.)
  • Communicants sur les enjeux de biodiversité et sur les enjeux paysagers,
  • Gestionnaires d’aires protégées,
  • Associations et organismes familiaux et de liens entre les générations,
  • Urbanistes, paysagistes, et agents des collectivités (en charge de l’aménagement du territoire ; de la gestion des espaces verts, etc.),
  • Scientifiques dans le domaine des humanités environnementales.

Comité de pilotage

Anne-Sophie Barnay (OFB), Marion Besancon (OFB), Pierre Boivin (UNCPIE), Estelle Cournez (CEN Allier), Aurélien Daloz (OFB), Laurent Germain (OFB), Mathieu Gonord (CFEEDD), Caroline Guittet (Observatoire de l’environnement en Bretagne), Charlène Kermagoret (OFB), Alix Levain (CNRS), Rémi Luglia (Universités de Caen et de Tours ; SNPN), Marc Maury (CEN PACA), Vincent Santune (CEN Hauts de France)

Organisateur(s)

  • Office français de la biodiversité (OFB)

Aller plus loin

    • L'amnésie environnementale et la diminution des expériences de nature

      • Relation au vivant
      • Éducation & sensibilisation

      Selon des études, chaque individu construirait sa relation au monde à partir des expériences de son enfance. Les générations se succèdent et construisent leurs représentations du bon état de la nature sur des référentiels différents. Comment s'appuyer sur cette amnésie environnementale ?

    • Transformer la relation au vivant, un enjeu de société autant que de biodiversité

      • Recherche & développement
      • Relation au vivant

      Nos relations avec le vivant sont un levier d'action. L'OFB s’appuie sur ses dispositifs de mobilisation, de diffusion des connaissances, ses liens avec la recherche, son implantation territoriale et se mise en réseau pour amplifier le passage à l’action.

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